DeadlyNightShade : 18/20 | Un groupe qui s'impose avec simplement deux albums, c'est très rare et en général, dans ce cas, l'album suivant n'est qu'une pâle imitation des deux précédents.
Epica ne fait pas parti de ces groupes là, il nous offre un album résolument différent et continue son ascension vertigineuse vers les sommets.
Sur Consign to Oblivion, la chanson éponyme était une sorte de test réalisé par Mark Jansen (guitare rythmique, grunts, cris, compositions) pour savoir comment le public réagirait à ce type de morceau. Test réussi, en quelques jours, "Consign to Oblivion" est devenu la chanson préféré des fans. Mark définit lui même cet album comme une seule grande "Consign to Oblivion"
Le départ de leur ancien batteur Jeroen Simons (batteur jazz) au profit d'Arïen Van Weesenbeek (pur batteur metal) a considérablement changé la rythmique. On a donc ici un album résolument plus heavy et violent avec beaucoup de doubles pédales (fan de hard, faites demi-tour...)
Il s'ouvre avec Indigo, grosse intro grandiloquente de 2"05 auquelle le groupe nous a habitué avec Hunab K'u et qui nous met dans une ambiance de pure orchestration. C'est une erreur ! The Obsessive Devotion résume l'album du haut de ses 7"13. très metal, il nous montre tout ce que le groupe sait faire : de très belles mélodies, l'opposition entre les vocaux de Simone et les grunts de Mark, la puissance des claviers, la rythmique en acier...etc. Le tout reposant sur des paroles longues et complexes, traitant de la conspiration divine. Menace Of Vanity marche dans les traces de The Obsessive Devotion avec plus de grunts que de vocalises. On a une fois de plus affaire a un technicité sans pareille dans leur discographie.
Trois chansons et déjà presque un quart d'heure ! C'est donc maintenant Chasing the Dragon, une pause dans l'album (7"40 !) encore une trés belle ballade du groupe qui s'énerve un peu à la fin. Never Enough ensuite, gros débat sur cette chanson qui ne mérite vraiment pas d'avoir été choisie premier single. On a ici affaire a un intrus dans l'album: pas d'orchestration, une chanson simple, qui se répète. Pourtant, écoutée seule elle n'a pas de si mauvais côtés mais elle casse l'effet de cet album.
Deuxième partie dédiée au concept phare d'Epica: The Embrace that Smothers (dont les parties précédentes se trouvent sur le premier album d'After Forever et le premier d'Epica). Les deux premières chansons de cette partie, La'petach Chatat Rovetz et Death Of A Dream, qui finalement ne font plus qu'une, sont musicalement trés bien, techniquement presque parfaite. La première est un instrumental qui sert d'intro a la seconde, un duo avec Sander Gommans (After Forever) qui est la plus heavy et violente de l'album (tout est relatif). Vient ensuite Living a Lie, encore un trés beau morceau pour l'album.
Ensuite vient Fools Of Damnation, encore un pavé (8"41) qui est trés varié, trés beau, trés technique comme tout sur cet album.
Troisième partie qui s'ouvre avec Beyond Belief, de loin une de mes préférées de cet album. Il est trés bien fait, ce titre, avec même un petit solo de guitare à la fin. On retrouve une énième fois la chorale d'hommes à laquelle Epica nous a habitué. Ensuite Safeguard To Paradise, la ballade la plus douce de l'album, pour tout ceux qui veulent se calmer. Sancta Terra est une trés belle ballade du groupe (4"58) ou Simone Simmons change réguliérement de rythme.
Enfin The Divine Conspiracy clôt l'album... mais ce n'est pas forcément en beauté. En effet le groupe nous a habitué a des clôtures d'album sublimes (The Phantom Agony, Consign to Oblivion) mais cette chanson de 13"57 est d'une réelle fragilité. On sent presque du début à la fin le manque d'un grand orchestre. La même chanson en plus courte serait serait mieux passée.
Pour conclure je dirais que nous avons ici un album parfaitement réussi, extrêmement technique. Il s'agit pour moi de leur meilleur album. Toutefois on commence à ressentir le manque d'une orchestration correcte (pour exemple: 6 violons pour Epica, 200 pour Nightwish sur Once et DPP) qui pourrait commencer à devenir trés gênant pour les albums a venir.
2008-07-17
|
|