EPICA
THE DIVINE CONSPIRACY (CD)
2007 chez Nuclear Blast


DISC 1

1. Indigo - Prologue 2.05
2. The Obsessive Devotion 7.13
3. Menace of Vanity 4.13
4. Chasing the Dragon 7.40
5. Never Enough 4.47
6. La'petach Chatat Rovetz - the Last Embrace 1.46
7. Death of a Dream - the Embrace that Smothers Pt. VII 6.03
8. Living a Lie - the Embrace that Smothers Pt. VIII 4.57
9. Fools of Damnation - the Embrace that Smothers Pt. IX 8.41
10. Beyond Belief 5.25
11. Safeguard to Paradise 3.45
12. Sancta Terra 4.58
13. The Divine Conspiracy 13.57

DISC 2 - DELUXE EDITION

1. Higher High
2. Replica (Fear Factory Cover)
3. Never Enough (Music Clip)
4. Never Enough (Long Version) (Music Clip)
5. Making of "Never Enough"

Total playing time 75.30


monsieurwar : 19/20
Au bout de quinze jours d'écoute, voici une petite chronique concernant le dernier opus d'Epica. J'ai acquis la version deluxe, proposant du matériel supplémentaire sur lequel je reviendrai.

Impression : leur meilleur album. J'ai pris une vieille baffe. D'un point de vue général, le son s'est étoffé (Sasha Paeth aux manettes fait la différence, comme d'habitude). Les compos osent la rallonge, jusqu'à presque 14mn pour "The Divine Conspiracy" et, effectivement, le propos s'est musclé. A l'inverse de leurs collègues de Within Temptation, et pour le meilleur. La petite fée inspiration s'est penchée sur le groupe.
Leur nouveau label, Nuclear Blast (on le saura : les hypogloutons du métal, qui rachètent tout ce qui bouge !) a mis le paquet pour que la réussite soit au rendez-vous. Les chœurs et l'ambiance symphonique sont toujours présents, les growls de mark se sont améliorés, malsains, puissants ; Simone est en forme et en voix. L'atout majeur d'Epica : leur nouveau batteur de studio Ariën Van Weesenbeek. Officiant normalement au sein de God Dethroned, il remplace Jeroen Simons pour le meilleur. Sa prestation est impeccable, hargneuse, précise, un vrai batteur de metal : double caisse et roulements furieux. Il ne fait pas partie intégrante du groupe, ses autres projets lui prenant trop de temps : dommage ! Il n'est pas pour rien dans cette réussite.

L'album s'ouvre avec "Indigo", l'intro instrumentale habituelle chez Epica, très réussie, émotionnelle. "The Obsessive Devotion" démarre ensuite les hostilités, titre de 7 mn, rapide avec des changements multiples. Un excellent titre. On ne se repose pas avec "Menace of Vanity", au propos un peu plus lent... au début. Des cassures de rythme à foison, des envolées presque "prog", une technicité inhabituelle, des blast beats précis et un refrain imparable. Un excellent titre. A peine remis, on attaque une pièce maîtresse : "Chasing the Dragon", titre de 7mn 40, qui commence comme une jolie ballade. Bon, d'accord, ils se reposent... La chanson monte, monte, un refrain excellent et des ponts mélodiques font prendre la sauce pendant que les claviers et la batterie accrochent aux tripes. Une cassure au milieu du morceau, comme Iron maiden sait les faire, mais à la sauce Epica, une touche de Nigtwish sur les arrangements : la fin du morceau se finit sur un rythme effréné, des vocaux lugubres soutenus par des blast beats, puis une fin en douceur sur le refrain mélodique. Un de leurs meilleurs morceaux, tous albums confondus.

Suit alors "Never Enough", premier extrait de l'album. Et c'est à cause de ce morceau que j'ai proposé un "19" et pas un "20", voyez-vous. Pas qu'il soit mauvais, mais il sent le produit calibré à plein nez. Il en faut ? Certes, mais sur un tel album, pas forcément ! Ils pourraient en faire cadeau à Within Temptation, celui-là ! Allez, on le zappe.

La seconde partie de l'album se centre sur l'histoire amorcée du temps d'After Forever ("The Embrance That Smothers") et continuée sur The Phantom Agony.
"La 'petach Chatat Rovetz" est un joli instrumental d'une minute 46, ambiance World Music, qui symbolise la cassure en deux de l'album. Un seul petit reproche : elle se termine trop tôt et aurait mérité une conclusion. On continue avec "Death of a Dream", sur lequel Sanders Gommans d'After Forever vient pousser la "gruntsonnette" afin d'enterrer la hache de guerre. Un titre effarant, puissant, brutal, pleins d'accélérations allant encore jusqu'aux blast beats (ils ont pris de la vitamine C ou quoi ?), avec en contrepoint un superbe chant de Simone aux sonorités orientales. Un morceau démentiel. On enchaîne avec le plus calme "Living a Lie", aux chœurs superbes en intro, avec un des meilleurs refrains de l'album, des growls très crédibles, une voix féminine excellemment posée. Encore une réussite ! Et ce n'est pas fini : le titre "Fools of Damnation" arrive, en fondu enchaîné, sur des mélodies orientales avec en fond la voix d'un musulman en prière. Des vocalises orientales s'ensuivent, mêlées à la voix de Mark, très en forme. Le refrain, rapide et épique, arrive bientôt, démolissant tout sur son passage, soutenu par Mark et un excellent passage oriental. "Fools of Damnation" s'étire ensuite, reprenant des éléments sonores percutants pour nous livrer, en milieu d'exécution, à un long break rythmique monstrueux : changements, rapidité, claviers mis en avant, cassures de rythme et de tempo, allure martiale-orientale, chœurs en finale. Vous l'aurez compris, mon morceau favori, une vraie tuerie ! Il tourne en boucle depuis 15 jours !

L'album se clôt sur une troisième partie, dégagée de "Embrance That Smothers", qui signifie l'acte final du concept-album. "Beyond Belief" nous entraîne dans un Epica classique, qui relâche un peu la pédale d'accélération, avec une interprétation de Simone tout en finesse ainsi qu'un solo de guitare très réussit. Ils devraient en faire davantage, cela colle parfaitement au groupe dans sa phase actuelle ! Une réussite, encore. Vient "Safeguard To Paradise", la ballade de l'album, à l'ambiance intimiste. Simone se sent à l'aise et délivre une prestation impeccable, soutenue par d'excellents claviers. "Sancta Terra", aux sonorités orientales encore, déboule et en remet une couche en terme d'Epica "classique" et très bien ficelé.

L'album classique se clôt sur la pièce maîtresse : "The Divine Conspiracy", titre ultra épique de 14mn. Chaque album d'Epica se termine par un de ces longs morceaux. Celui-ci est particulièrement soigné, gardant la fraîcheur du groupe mais révélant plus de maîtrise et de maturité. Un titre-fleuve énorme, aux multiples changements, ou les voix de Simone et Mark se répondent et s'emmêlent comme jamais. Une pause mélodique aux claviers au milieu, pour mieux reprendre sur un tempo d'enfer avec de superbes envolées de guitares et batterie. Un titre parfait.

Le second cd nous offre "Higher High", une jolie ballade dans la veine du groupe. Elle n'atteint pas "Feint" ou "Linger", mais reste de bon ton. Simone chante tout en délicatesse, complétée par des claviers et des arrangements réussis. Une reprise clôt les hostilités : "Replica", de Fear Factory. J'avais un peu peur, pour tout dire, le combo de Burton c. Bell évoluant dans des sphères bien différentes de celles du combo batave. Mal m'en a pris, car cette reprise est une véritable réussite. Le nouveau batteur n'y est pas pour rien, le son est crédible, Mark et Simone s'en donnant à cœur joie. L'agressivité de Fear Factory ne passe pas à la trappe, et c'est tant mieux.

Les deux clips de "Never Enough" (version courte et longue) complètent le CD, ainsi qu'un making of qui ravira les die hard d'Epica. Dommage que cela soit ce morceau, mais rien sur terre n'est parfait !

Au final, un album quasiment parfait, inspiré, bien produit, qui redore le blason du "metal féminin épique", mis à mal par la normalisation de certains groupes. Ce genre, le "metal féminin", est d'ailleurs inexistant à mon sens : est-ce que l'on parle du "metal masculin" ? Seule compte (ou devrait compter) la musique.

Vivement Epica sur scène !

Votre dévoué,

Monsieurwar.

2007-10-08