PARADISE LOST
ICON (CD)
1993 chez Music For Nations


1. Embers Fire 4.44
2. Remembrance 3.26
3. Forging Sympathy 4.43
4. Joys of the Emptiness 3.29
5. Dying Freedom 3.43
6. Widow 3.04
7. Colossal Rains 4.35
8. Weeping Words 3.50
9. Poison 3.00
10. True Belief 4.30
11. Shallow Seasons 4.55
12. Christendom 4.30
13. Deus Misereatur 1.57


eulmatt : 17/20
Pour moi comme pour beaucoup d'amateurs de Paradise Lost, Icon est l'apogée de leur période "primitive", marquant l'avènement d'un métal gothique enfanté du doom et du death metal. La maîtrise technique et musicale des Anglais arrive à maturité, et de fait Icon bénéficie d'une fluidité et d'une cohérence supérieures à ses prédécesseurs, et notamment aux errements transitoires de Shades of God.

L'album est d'abord une atmosphère. A la fois lourde et mystique, froide et émouvante, la musique de Paradise Lost parvient pour la première fois à l'échelle d'un album à se montrer aussi subtile et riche, tout en gagnant magistralement en pureté.
Dès les deux premiers morceaux, aux riffs massifs et élégants, à la force mélodique époustouflante, on sent que les Anglais ont pris une nouvelle dimension.
Entre un True Belief aux riffs envoûtants, sombres et empreints de mélancolie, et au refrain formidable, un Christendom, pièce gothique magnifique construite sur une alternance de chœurs féminins épurés et de déchaînement métallique, un Colossal Rains majestueux et élégant au possible, l’ensemble de l’album regorge d’autant de démonstrations de la richesse artistique de Paradise Lost, et surtout de sa capacité à enrichir sa musique d'une couche émotionnelle unique.
Les Anglais prouvent tout au long de l'album leur nette évolution sans perdre de leur force originelle. Conservant –indirectement- la puissance de son doom-death des origines, Paradise Lost parvient à mieux maîtriser ses compos, soignant ses transitions et sortant des refrains accrocheurs en diable. Nick Holmes y est d'ailleurs pour beaucoup, confirmant la largeur de son registre déjà mieux exploité que sur Shades of God.
Construit sur une base beaucoup plus heavy, privilégiant les constructions plus aérées, le groupe gagne en clarté et met ainsi brillamment en avant le génie de son compositeur principal, Greg Mackintosh.

Les coups de génie ponctuels entrevus jusque là (Gothic, As I Die) se confirmant enfin, Icon constitue le tremplin idéal pour Paradise Lost. Au-delà, l’album incarne l’un des premiers exemples significatifs de la forme aboutie du métal gothique. Il sera d’ailleurs rarement égalé.

Bref, un incontournable.

2007-07-29