RHAPSODY OF FIRE
RAIN OF A THOUSAND FLAMES (CD)
2001 chez Limb Music Products


1. Rain Of A Thousand Flames
2. Deadly Omen
3. Queen Of The Dark Horizons*
4. Tears Of A Dying Angel
5. Elnor's Magic Valley
6. The Poem's Evil Page
7. The Wizard's Last Rhymes

*Contient le theme de Dario Argento's Phenomena-non pas la version Goblin-mais Claudio Simonetti's Daemonia de 99.


Eternalis : 19/20
Ha, "Rain of a Thousands Flames" ou l’album m’ayant fait découvrir ce fantastique et unique groupe italien mené par le beau et talentueux Luca Turilli. Quelle baffe je me pris lors de son écoute !
Possédant aujourd’hui tous les albums du combo, il est étrange pour moi d’en venir à la conclusion que ce mini-cd transitoire (durant tout de même quarante deux minutes !) est ma réalisation préférée de Rhapsody (of Fire), la plus inspirée, celle qui me fascine le plus et me procure le plus de plaisir et d’admiration à son écoute.

Rien que le titre track est une tuerie sans nom, ultra speed (la vitesse d’exécution est démentielle, ouah quel batteur !), les chœurs féminins et typés opéra sont d’une splendeur absolue et largement mis en valeur dans le mix sans pour autant faire l’impasse sur les claviers et les guitares (ce qui sera le cas plus tard). Les lignes vocales de Fabio Lione sont ambitieuses mais très directes et facilement assimilables, sans oublier le solo supersonique de notre ami Luca qui déboule ses notes comme un petit fou. Un morceau marqué du sceau de Rhapsody mais d’une agressivité peu commune, procurant autant de plaisir que de mal de cou. Mais même s’il s’agit d’un single (faut-il vraiment appeler ROATF ainsi ?), n’allez pas croire que le reste n’est que déchets et titres de seconde zone. Bien au contraire.

Après un court intermède, le quintet dévoile un "Queen of the Dark Horizons" aussi divinement pompeux que diablement jouissif long de plus de treize minutes. Le morceau débute sur une vaste série d’à-coups orchestraux composés de cordes et de cuivres (amenant vraiment un aspect dramatique plus sincère et palpable) puis s’ouvre sur un chant soprano de toute beauté et d’une puissance vocale ahurissante avant de laisser place à de discrets mais essentiels claviers et une batterie très portée sur des pulsions de double pédale. Fabio n’intervient pas avant la troisième minute. La suite ne sera que démesure, musicalité absolue et symphonies divines. Le plus impressionnant dans tout cela, c’est que le groupe se montre en plus capable de pondre un refrain ravageur et mémorable sur un titre aussi long. Unique et prétentieux (mais c’est si bon !), la possession de ce disque est indispensable uniquement pour lui.

Selon moi, c’est opus est touché par la bénédiction des cieux tant tout paraît parfait de bout en bout. Certains affirmeront que Rhapsody fait toujours la même musique, je dirais simplement qu’ils réinventent constamment un style qu’ils ont eux-mêmes instauré. "Tears of a Dying Angel" par exemple délaisse presque totalement les instruments métal (guitare, basse, batterie) et se révèle quasi-uniquement narratif avec de nombreuses plages symphoniques créant une ambiance angoissante, presque suffocante qui prend aux tripes grâce au travail très appliqué de Fabio donnant énormément d’émotion au morceau.

Cette ambitieuse fresque musicale (traitant un sujet différent de celui de l’épée d’émeraude mais tout de même lié, comme un conte dans le conte !) tirera sa révérence sur "The Wizard’s Last Rhymes" dont l’intro symphonique n’est pas sans rappeler la BO de… Les dents de la mer (et oui !!) pour un nouveau morceau épique à souhait avec un Fabio plus possédé que jamais, passant en revue toutes ses capacités vocales, de l’épique au mélodique en passant par le personnage agonisant ou prétentieux, il use et abuse de toutes ses casquettes d’acteur pour notre plus grand bonheur. D’ailleurs, il s’agit d’un titre où ce sont véritablement les lignes vocales qui guident la musique et non l’inverse comme c’est souvent le cas chez les italiens qui nous gratifieront en plus sur ce titre de magnifiques soli de guitares (tout en finesse cette fois) et de basse pour terminer en apothéose sur une réelle reprise de l’œuvre d’Antonin Dvorak (compositeur classique tchèque du XIXe siècle) nommé "New World Symphony". Un point dans l’estomac, un vrai qui dure dans le temps et dans l’esprit.

Une réalisation essentielle dans la carrière de Rhapsody qui, malgré son statut de mini-album, regroupe plus de qualités que nombre de leurs albums longue durée. Je pense même qu’il s’agit de leur meilleur disque avec le suivant "Power of the Dragonflame". Luca était à cette époque dans une période créative dantesque et exceptionnelle, car en plus de ces deux disques sortait également l’indispensable et expérimental (grâce à la subtile et intelligente utilisation de l’électronique) "Prophet of the Last Eclipse" sous son propre nom. Un trio d’albums pour un même artiste définitivement bien au dessus du lot !

2008-12-12