NILE
ITHYPHALLIC (CD)
2007 chez Nuclear Blast


1. What Can Be Safely Written 8.15
2. As He Creates So He Destroys 4.36
3. Ithyphallic 4.40
4. Papyrus Containing the Spell to Preserve its Possessor Against Attacks from He Who Is in the Water 2.57
5. Eat of the Dead 6.29
6. Laying Fire Upon Apep 3.25
7. The Essential Salts 3.51
8. The Infinity of Stone 2.04
9. The Language of the Shadows 3.30
10. Even the Gods Must Die 10.01

Bonustracks (Limited Edition)
11. As He Creates So He Destroys (Instrumental) 4.50
12. Papyrus Containing the Spell to Preserve it's Possessor Against Attacks from He Who Is in the Water (Instrumental) 2.56

Total playing time 49.48


_HyperionCrusher_ : 15/20
Nile est est un grand groupe, un de ces groupes qui auront leur place au panthéon du métal et une valeur sûre du brutal death actuel. Un groupe original, avec leurs ambiances de l'Egypte Ancienne poussées à l'extrême (même si un peu moins présentes dans leurs derniers albums) avec des derboukas, des gongs et d'autres instruments typiques.

C'est après un « Annihilation of the Wicked » compact et désolant, un « In Their Darkened Shrines » épique mais trop inégal, un « Black Seeds Of Veangeance » excellent et un "Amongst The Catacombs Of Nephren-Ka" magistral où Nile posait les bases de son death technique et pharaonique, que la bande de Karl Sanders nous livre ce cinquième album (sans compter les démos et la compilation « In the Beginning ») au titre étonnamment court et à l’artwork assez mitigé.
« Ithyphallic » (traduisez phallus en érection) est tout d'abord décevant. Aucun titre ne titille notre fibre de bourrin en herbe. Mais c'est après plusieurs écoutes que ce roc de death compact nous dévoile ses secrets ; petit résumé titre par titre:

L’opus s’ouvre sur un « What Can Be Safely Written » terrassant de puissance, à l’intro épique puis aux blasts beats sauvages. Les grattes sont tranchantes à souhait et le morceau passe tout seul malgré ces 7 minutes et quelques.

Puis vient le moyen « As He Creates So He Destroys » aux guitares fades mais où le Grec, George Kollias nous montre de quoi il est capable au niveau de la vitesse de caisse. Il est loin le Tony Laureano qu’on pensait irremplaçable ! Le groupe paraît maintenant soudé. Bref, bien en dessous d’un morceau habituel de Nile.

Vient « Ithyphallic » le titre éponyme de l’album. Une bonne boucherie sonore mais qui dure, dure et on finit par s’ennuyer sévère. C’est triste. Même mauvais pour un titre éponyme qui doit être un titre fort. Pas grand-chose à dire.

Arrive l’excellent « Papyrus Containing The Spell To Preserve Its Possessor Against Attacks From He Who Is In The Water » (ouf, fini…) aux riffs complexes et supers accrocheurs. Toute la brutalité du groupe compressée dans cette salve de moins de 3 minutes. Le single évident de l’album avec un refrain et tout…

« Eat Of The Dead », rien que le titre exulte la putréfaction. Une pièce maîtresse de l’album lourde et longue, originale et nouvelle dans le paysage musical de Nile. Infect, que j’vous dit !
Ca growl et ça s’éternise pour notre plus grand plaisir ! Jouissif.

« Laying Fire Upon Apep » est le genre de titre auquel on ne fait pas attention la première fois et qui révèle à chaque écoute un nouveau secret. C’est vraiment un bon titre, du Nile carré qui ne fait pas dans la dentelle. La double pédale est maîtrisée jusqu’au bout des pieds (haha…) et atteint une vitesse impressionnante. Sinon, c’est le seul titre de l’album ayant des paroles assez proches de celles de « In Their Darkened Shrines ». Les références aux dieux de la mythologie Egyptienne sont nombreuses et on retrouve certaines marques des précédents opus. Ca fait plaisir.

« The Essential Salts » est mon titre préféré, je dois bien l’avouer, et je vois que personne ne le mentionne dans sa chronique. Comment peut-on passer à côté de ça ? Enorme. Ça blast du début à la fin, Sanders donne tout ce qu’il y a et les riffs de gratte coupent des têtes par dizaines à leur passage. Jusqu’à un final épique, aux contre-chants de grattes terribles. 2pique à se jeter par la fenêtre. Grandiose.
« The Infinity Of Stone » est le morceau-pause d’une minute trente auquel Nile nous a habitués. Avec des chœurs et des derboukas. Tripant mais lassant.

« Language Of The Shadows » est le pire morceau de l’album, le titre bouche-trou par excellence, composé dans un bus en une demi-heure. Rien ne décolle, on s’ennuie ferme.
Même Kollias n’arrive pas à faire passer les riffs sans âme et Sanders se lamente à sa façon. Médiocre.

Pour clore l’album, le groupe nous sort le bon « Even The Gods Must Die ». Le morceau commence vraiment bien avec une Intro à la « What Can Be Safely Written » et puis les riffs dans le style heavy-doom portés par la double pédale donne envie de headbanger. Mais à vouloir faire un morceau trop progressif et trop long, Nile nous perd en chemin, on s’ennuie.
On revient sur le thème du début et là, tout s’arrête pour laisser des percus orientales seules avec la gratte de Sanders qui tape un chorus assez douteux que certains considéreront extraordinaire, et que d’autres trouveront prétentieux et (presque) pourri.

N’empêche, le passage chez Nuclear Blast se ressent vraiment au niveau de la production qui est tout simplement la meilleure que Nile ait jamais eue.

Au niveau des instru’, Karl Sanders n’a jamais autant développer sa capacité vocale que dans cet album. Dallas Toler-Wade et lui forment un duo surpuissant au niveau des guitares et du chant même si l’on n’entend pas trop les grattes avec le mixage, mais bon… George Kollias donne vraiment plus que sur « Annihilation of the Wicked » et ses parties sont terribles.

Autre précision, les textes de Nile traitent toujours de l’occultisme et de la mythologie égyptienne mais de moins des dieux égyptiens et autres auxquels ils nous avait habitués au dans les précédents albums. Sinon, les Liner Notes ont hélas disparus pourtant je ne pense pas être le seul à les lire. Les textes sont désormais plus basés sur l’œuvre de Howard Phillips Lovecraft (R.I.P) et d’autres explorations lyriques. (Ex : « The Essential Salts » et son rituel mi momification mi nécomancie).

Cet album n’est pas foncièrement mauvais mais il est en déca des anciens efforts du groupe même si l’on constate une nette évolution par rapport à « Annihilation of the Wicked ».

Je dirais 15 sur 20.

2008-06-25