Fabien : 13/20 | A la fin de l’été 1990, Metal Blade, label réputé en matière de thrash, décide à son tour de s’embarquer dans l’aventure deathmetal, en présentant son jeune protégé, le finement nommé Cannibal Corpse. Formé en 1988 à Buffalo au nord de l’état de New York, la bande d’Alex Webster vient fraîchement de débarquer en Floride, berceau de la scène death US. La formation rejoint alors les fameux Morrisound Studios pour les sessions de son premier album, le répugnant Eaten Back to Life. D’entrée, l’album provoque avec son illustration gore signée Vince Locke et ses paroles outrancières, émanant de l’imagination torturée de Chris Barnes. Le ton est donné, préparant déjà le métalleux à l’écoute d’une boucherie sonore disséquée en onze morceaux.
Eaten Back to Life balance des compositions déjà très structurées, exécutées sur les rythmiques de Paul Mazurkiewicz souvent tapageuses, mais remplies d’accélérations, de breaks et de contre temps étonnants, à l'image des redoutables Edible Autopsy et Mangled. Tandis que certains titres font rapidement figure de classique, à commencer par le court et entraînant Skull Of Maggots, repris à pratiquement tous les concerts, d’autres incroyablement rapides et techniques, forcent déjà l’admiration, tel Buried In The Graveyard, aux riffs de Jack Owen & Bob Rusay particulièrement dévastateurs en son début.
Eaten Back to Life ne frise toutefois pas la perfection, ne possédant encore ni une précision rythmique chirurgicale, ni une maîtrise vocale imparable. La production de Scott Burns manque parallèlement d’une certaine épaisseur, privant l’ensemble de la pleine puissance exigée.
Aidé par le soutien inconditionnel de son label, mais aussi par son concept et son langage résolument infâmes, Cannibal Corpse fait ainsi une entrée remarquée au sein la scène extrême, lui permettant de s’installer confortablement aux côtés des ténors du death floridien, mais manquant toutefois encore d'une pleine identité et donc d'une parfaite crédibilité. Sans se hisser parmi les standards deathmetal de l’année 1990, tels Deicide, The Key ou Left Hand Path, Eaten Back to Life lâche néanmoins des titres percutants et remarquablement ficelés, constituant une excellente mise en appétit, et démontrant déjà le formidable potentiel du gang Webster.
Fabien. 2007-03-31
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