tonio : 12/20 | JOB FOR A COWBOY, voilà un nom à coucher dehors qui ne m’a jamais donné faim ! Leur EP, "Doom", sorti en 2005 et que je n’ai jamais pris la pris la peine d’écouter, est apparemment une perle de deathcore qui lui a précocement valu la dénomination de groupe culte. J’étais donc curieux et impatient de découvrir ce premier album du phénomène J.F.A.C…
Alors c’est ça, c’est tout ? Vous voyez dans Gaston Lagaffe, cet énorme soufflet doré si appétissant qui se dégonfle lorsque le roi de la bévue le sort du four brûlant ? C’est exactement l’image que j’ai eu en tête en écoutant cet album. Le problème vient aussi du fait que je n’ai pas arrêté d’entendre parler à droite et à gauche de ce groupe capable de mettre à terre les piliers du death métal. Et il s’agit bien ici de death métal pur jus, pas (ou plus) l’ombre d’un riff thrash, pas un poil de hardcore ou de riffs saccadé à la ALL SHALL PERISH, juste du death brutal (mais pas trop) extrêmement classique. Bien, même très bien, réalisé, certe, mais rien qui ne réveille en moi mes instincts de tueur, je n’ai pas bougé mon derrière de mon fauteuil et je n’ai fracassé aucun meuble…
Je ne me suis pas non plus complètement ennuyé en écoutant cette galette, car certains morceaux sont agréables. "Altered From Catechization" est par exemple un mélange assez convaincant de blasts, de parties lourdes, de riffs assez techniques et de mélodies de grattes légèrement vicieuses. "The Divine Falsehood" est un autre titre intéressant dont l’aspect répétitif hypnotique et l’ambiance pesante marchent plutôt pas mal… Malheureusement, même si les rythmes sont très changeants et que le batteur se montre efficace, il manque vraiment à cet album une bonne dose de méchanceté, de hargne, ce death métal est beaucoup trop calibré et sage. Ca se ressent d’ailleurs tout à fait dans le son, car la production, très propre, ne donne absolument aucune personnalité à ce groupe. La batterie en particulier a le don de m’agacer tellement elle sonne de façon mécanique, c’est un robot derrière les fûts ? Et puis cette superposition de growl et de chant criard entendue mille fois depuis DEICIDE…
Le groupe tente donc de jouer dans même cour que par exemple MONSTROSITY ou SPAWN OF POSSESSION, mais il ne suffit pas de balancer à tout va des rythmiques hachées et des riffs alambiqués, ainsi que quelques intros au synthé style "planquez vous, l’apocalypse arrive", pour être convaincant. Il faut aussi avoir l’audace de proposer des constructions originales ou des parties de grattes marquantes, ce qui manque cruellement ici. Tout ce que propose J.F.A.C a déjà été joué il y a bien longtemps !
Voilà donc un album pas nul, mais au final vraiment insipide. Le Mc Do du death quoi ! C’est dommage, car les musiciens se défendent réellement bien sur le plan technique. A mon avis, les JOB FOR A COWBOY risquent de retourner jouer du lasso vers d’autres prairies d’ici peu, car cette réalisation fade va sans doute les faire replonger dans l’anonymat…
2007-07-06
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