Fabien : 14/20 | Depuis la sortie du culte Unquestionable Presence, Atheist connait de nombreuses turbulences au sein de son line up, affrontant le départ du frappeur Steve Flynn et du guitariste Randy Burkey, tous deux membres originels de la formation. Devant toutefois honorer la fin de son contrat avec Music For Nations, la maison mère d’Active Records, prévoyant en tout trois albums, le groupe se réunit une ultime fois durant tout le mois de mars 1993 aux Pro Media Studios floridiens, sous la houlette de l’ingénieur du son Mark Pinske.
Le leader Kelly Schaeffer recrute pour l’occasion Frank Emmi à la guitare lead, ainsi que le batteur Josh Greenbaum durant les sessions d’enregistrements, tandis qu’in extremis, Randy Burkey rejoint la groupe, qui compte alors trois guitaristes lors des sessions. Composé dans l’urgence, le troisième album d’Atheist parait ainsi en septembre 1993 sous couverture de son label britannique, dans les même temps qu’Heartwork, Wolverine Blues ou Spheres de ses homonymes européens Carcass, Entombed et Pestilence.
Baptisé Elements, en référence à l’eau, la terre, l’air et le feu, le nouvel effort d’Atheist bénéficie de morceaux composés par l’intégralité de la bande, à l’exception de ses quatre interludes écrits en solitaire. Moins rapide et moins extrême que ses prédécesseurs, s’écartant un peu plus des sphères deathmetal, l’album en reste en revanche tout aussi technique, transpirant parallèlement ces influences jazz propres à la formation, d’ailleurs ouvertement assumées sur les breaks délectables de Water, Fire ou du titre éponyme.
Très complexe et particulièrement soigné dans sa mise en place, bluffant une fois encore par la richesse de ses influences et le jeu de basse hors pair de Tony Choy, à l'image des très bons morceaux Air et Animal, Elements reste toutefois plus académique que ses deux aînés, notamment en regard de l’intemporel Unquestionable Presence, où Atheist était parvenu à toucher la magie du bout des doigts.
Entre les vocaux de Kelly perdant la hargne des débuts, et la production de Mark Pinske privant les guitares de mordant et le tout d’un mixage équilibré, Elements contient ainsi plusieurs faiblesses l’empêchant de se hisser au sommet de la –courte- discographie d’Atheist. Les interludes apaisants de Randy Burkey et Frank Emmi confèrent toutefois un côté feutré judicieux, tandis que l'instrumental débridé de Tony Choy, aux airs de samba et aux parties de basse délicieuses, décalé de prime abord, apporte finalement une grande originalité et s’intègre royalement à l’ensemble.
Certes moins accrocheur que ses deux prédécesseurs et assemblé dans des conditions difficiles, Elements bluffe en revanche par sa tecnhique désarmante, préservant parallèlement l’essence même du death technique inimitable d’Atheist. Semblant de nouveau y croire, le quinquet floridien s’embarque alors pour une tournée européenne en compagnie de Carcass et Suffocation (que j’ai loupé à mon plus grand regret), mais se sépare hélas définitivement quelques temps après, laissant toutefois derrière lui trois disques d'une influence toujours aussi forte après tant d’années.
Fabien. 2007-05-14
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