CANDLEMASS
KING OF THE GREY ISLANDS (CD)
2007 chez Nuclear Blast


1. Prologue
2. Emperor of the Void
3. Devil Seed
4. Of Stars and Smoke
5. Demonia 6
6. Destroyer
7. Man of Shadows
8. Clearsight
9. The Opal City
10. Embracing the Styx

Bonustracks
11. At the Gallows End
12. Solitude


doomaniac
Après le départ (l'éviction ?) de son imposant (à tous les sens du terme) chanteur Messiah Marcollin, beaucoup ne donnaient pas cher de la peau de Candlemass. C'était oublier que l'âme du groupe n'était pas le charismatique vocaliste mais le discret Leif Eidling, fondateur et compositeur de la quasi-intégralité des titres de la féconde discographie du combo suédois. D'ailleurs, rappelons que Messiah ne figure pas sur le culte "Epicus Doomicus Metallicus", album pionnier du genre, même s'il sut s'approprier les titres en Live.

Bref, le devenir du groupe reposait finalement sur les frêles épaules de son bassiste. Et comme Leif s'est surpassé sur ce "King of the Grey Islands", nous pouvons annoncer haut et fort qu'il y a bien une vie après Messiah.

D'abord, musicalement, jamais Candlemass n'a maîtrisé aussi parfaitement son sujet. Les compos, fort bien structurées, ne se révèlent jamais ennuyeuses, bien qu'elles dépassent toutes les 4:30' (jusqu'à plus de 8:00' pour le monumental "Embracing The Styx"). Leur variété est aussi un atout, de l'oppressant "Demonia 6" au plus aéré "Of Stars And Light" en passant par le "rapide" (on parle de Candlemass quand même !) "Clearsight", digne successeur de "Born In A Tank" et autre "The Bell Of Acheron".

Et le chant, me direz-vous ? No problem ! Le père Eidling a sorti un atout maître de sa manche en recrutant l'expérimenté Robert Löwe, vocaliste en titre de Solitude Aeturnus. Et s'il est moins lyrique que Messiah, Robert Löwe délivre néanmoins une superbe performance, son timbre un poil plus agressif se révélant également très expressif (pour ceux qui pouvaient trouver les vocalises de Messiah parfois un peu monotones). Son adaptation à des compositions qui n'avaient pas été écrites en pensant à lui est de ce point de vue proprement bluffante.

Preuve s'il en était encore besoin de la qualité de cet opus, on retrouve l'identité du groupe dès la première écoute, malgré le changement de voix.

Un grand album pour un grand groupe qui a été bien inspiré de persévérer en dépit des frasques de son ex-moine chanteur...

2007-08-02