RAINTIME
FLIES & LIES (CD)
2007 chez Replica Records / Lifeforce Records / Nocturne Music


1. Flies & Lies
2. Rolling Chances
3. ApeIron
4. Rainbringer
5. Finally Me
6. Tears Of Sorrow
7. The Black Well
8. Beat It
9. Another Transition
10. Burning Doll
11. Matrioska


Eternalis : 15/20
Ce jeune combo italien avait fait forte impression avec son premier opus (Tales from Sadness en 2005). Il est clair que sortir plus ou moins de la masse en évoluant dans le Death Mélodique est un véritable exploit. La scène est actuellement si surpeuplée que le nombre de groupes intéressants est infime. Nous nous devons de ne pas les rater au vol.

Raintime fait partie de ces groupes coincés entre modernité, traditionalisme et expérimentation. Le premier essai en était un bon exemple. Le titre The Experiment (portant bien nom) dévoilait une musique à la frontière du Heavy, du Death et d’un petit quelque chose d’autre assez indéfinissable mais finalement positif car très intriguant.

Malheureusement, on ne peut pas dire que le sextet italien ait véritablement continué dans cette voie avec leur second album. Non pas que cet album soit mauvais, loin de là, mais il peut se révéler décevant si on s’attendait à ce que le groupe pousse le bouchon plus loin dans l’innovation. A la place, les transalpins ont focalisés leurs efforts sur une rage beaucoup plus présente et des refrains qui rentrent dans la tête pour ne plus en sortir.
En revanche, en ce qui concerne le son et l’interprétation, des bonds de géants ont été effectués (impressionnant en si peu de temps d’ailleurs, comme quoi…). Le son est simplement énorme, puissant, précis, propre et carré (mais cela passe très bien !!) grâce au travail de main de maître de Tommy Hansen. Et puis les musiciens en eux-mêmes ont énormément progressé. Que ce soit les gratteux, le batteur bien plus polyvalent et surtout… Claudio Coassin. Quel chanteur que nous tenons là !! Car notre bonhomme chante non seulement excellemment bien en clair (il chante lui, et ne se contente pas de minauder trois mots, avec une vraie voix relativement aiguë quelques fois) mais ses vocaux Death se sont considérablement noircis et ont largement gagné en sauvagerie comme le témoigne un morceau comme Rainbringer.
Les refrains en clair sont souvent hallucinants grâce à son chant qui semble sans limites, comme sur le titre éponyme ou encore la fantastique reprise de Mickael Jackson, Beat it, repris à une sauce très Heavy mais pas dénaturé.

Dans l’ensemble, le tout est très accessible mais pas pauvre musicalement. C’est juste que l’on aurait apprécié que le groupe prenne plus de risque, comme sur le très bon Another Transition, très Heavy, très guerrier (avec le chanteur de Manticora) avec un refrain entêtant et un pont très original. Idem pour le dernier titre Matrioska ou le groupe se rapproche plus de Hammerfall et termine sur un romantisme de dernière minute au clavier fort bienvenu et des chœurs majestueux et simplement beaux.

L’ensemble est donc de très bonne facture (cet Apeiron jouissif qui ne me quitte plus avec le chanteur de Hatesphere et cette double pédale omniprésente) mais il est clair que le groupe, s'il passe un cap, devra encore plus se distinguer à l’avenir s'il veut vraiment exploser (soyons exigent, ils en ont clairement les moyens). Des tubes comme Rolling Chances feront des ravages sur scènes et il y a fort à parier que leur musique doit prendre encore une dimension différente en live.
Un futur grand groupe ? Un grand espoir en tout cas…

2008-11-13