OBITUARY
SLOWLY WE ROT (CD)
1989 chez Roadrunner Records


1. Internal Bleeding
2. Godly Beings
3. Til Death
4. Slowly We Rot
5. Immortal Visions
6. Gates to Hell
7. Words of Evil
8. Suffocation
9. Intoxicated
10. Deadly Intentions
11. Bloodsoaked
12. Stinkupus


Fabien : 18/20
Pionnier du deathmetal floridien aux côtés de Death, Morbid Angel, Amon (Deicide) & Ravage, Executioner se forme en 1984 autour des frères Tardy et de Trevor Peres, qui subissent l’influence directe de Venom et de Celtic Frost, puis de Possessed, accroissant alors la lourdeur et le chant rocailleux de leurs ainés. Les choses sérieuses commencent en 1986, lorsque le groupe intègre Allen West & Daniel Tucker, enregistrant dans la foulée une démo, qui atterrit dans les mains de l'influent Boriroj Krgin, boss du fanzine Violent Noise. Subjugué par le guttural terrifiant de John Tardy, le rédacteur inclut le groupe (désormais baptisé Xecutionner) sur sa compilation culte Raging Death sortie en 1987, aux côtés de Sadus & Ravage (Atheist), puis se propose de participer au financement d’un album complet.

Fin 1987, le quinquet rejoint alors les Morrisound Studios pour l’enregistrement de huit titres, sous la houlette de Scott Burns, qui effectue sa toute première production de métal. Muni de la cassette, Borivoj contacte son ami Monte Conner du label Roadrunner, qui s’empresse de signer les jeunes floridiens, les convainc d’adopter le nom d’Obituary et, jugeant la durée du produit insuffisante, les renvoie aux Morrisound pour la mise en boite de quatre morceaux supplémentaires. Slowly We Rot sort ainsi en mai 1989, impeccablement muni d’une illustration de Rob Mayworth, avec son logo sanguinolent et son cadavre transpirant les relents putrides du contenu.

Sur des structures simples en middle tempo, Slowly We Rot balance des rafales de riffs d’une efficacité redoutable, facilement mémorisables, à l’image de 'Til Death bâti sur une succession de riffs montant parfaitement en puissance. En outre, l’album surprend par la lourdeur de ses rythmiques, soutenant le guttural effroyable de John Tardy, basé sur un mélange de mots et de growls à décoller n’importe quelle tapisserie des murs. Depuis le terrifiant Internal Bleeding jusqu’à l’éponyme Slowly We Rot, Obituary assène ainsi son death gore sans équivoque, représentant la véritable essence du style. La production de Scott Burns manque toutefois d'épaisseur, mais apporte en revanche une clarté et une lourdeur mettant parfaitement l’ensemble en valeur.

A l’instar des Scream Bloody Gore et Leprosy de ses collègues de Death, Slowly We Rot connaît dès lors un véritable engouement, transcendant le style initié quelques années auparavant par Celtic Frost et Possessed. Obituary s’impose ainsi directement sur le devant de la scène, grâce à un album culte et intemporel, annonçant à cette époque la suprématie du deathmetal, qui se répand comme une trainée de poudre aux quatre coins de la planète.

Fabien.

2008-02-21