Fabien : 17/20 | Deux années après le redoutable The Key, posant les bases d’un death métal technique, à l’atmosphère subtile & mystérieuse, Nocturnus retourne aux Morrisound Studios sous la coupe de Tom Morris. Le groupe affiche quelques remaniements de line up, recrutant Dan Izzo en tant que growleur à part entière, et accueillant également le bassiste Chris Anderson lors des sessions d’enregistrement. Baptisé Thresholds, le deuxième effort des floridiens sort ainsi chez Earache Records en juin 1992, dans les mêmes temps que les seconds albums de Cancer, Deicide et Unleashed.
Nocturnus conserve les bases son death brutal & technique, enrichissant au passage son couple rythmique grâce à l’apport de Chris Anderson, et délivrant un middle tempo propice au tandem Mike Davis & Sean McNenney qui, tels deux guitar heroes, entremêlent leurs riffs et se surpassent en multipliant les plans incroyables, s’emballant alors dans des duels de soli somptueux, à l’image des fabuleux Tribal Vodoun & Gridzone, ou encore de l’instrumental apaisant Nocturne in Bm.
Le groupe floridien délaisse en outre les atmosphères sombres de son précédent album, orientant ses claviers vers des sonorités spatiales & futuristes, grâce au jeu complexe et discret de Lou Panzer, en pleine osmose avec les guitares de Davis & McNenney, loin d’une omniprésence stéréotypée de mélodies pompeuses & synthétiques. Les claviers renforcent parallèlement le thème de chaque morceau, à l’instar du souffle du vent et des bruissements d’eau sur les intros respectives de Climate Controller et Aquatica.
Au final, seul le guttural monocorde de Dan Izzo et le mixage parfois confus de Tom Morris viennent tenir quelque peu la préciosité de l’ensemble, points faibles toutefois rapidement oubliés par le raffinement du climat de Thresholds, et la virtuosité de ses musiciens.
Hormis Arctic Crypt & Alter Reality possédant un côté plus direct & entraînant, Thresholds reste toutefois un album difficile d’accès, faute à son avant garde et ses structures alambiquées. L’album rencontre dès lors un succès injustement limité à sa sortie, précipitant la séparation de Nocturnus qui, à l’instar d’Atheist sur Unquestionable Presence, se démarquait pourtant du schéma traditionnel des formations death de l’époque. Depuis sa technique affolante jusqu'à ses ambiances futuristes, Thresholds figure en effet parmi les albums clés à insérer dans toute discothèque death métal, aux côtés de The Key, son invincible prédécesseur.
Fabien. 2008-03-19
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