Coercition | Et les sons montent et s'accordent au firmament. Le bruit humain peut se substituer aux musiques généreusement offertes par Mère Nature.
Par quelle magie ces sons artificiels font-ils écho à nos sentiments les plus enfouis et nous déconnectent de la réalité physique ? Comment un assemblage de sonorités s'impose-t'il à notre âme pour ne plus jamais cesser de la hanter; comment croire que cette perception chaude qui coule et nous transporte a pu être engendrée par l'homme, pire encore a pu un jour ne pas exister, privant une humanité pauvre de bénédiction, la laissant languissante et torturée dans sa quète de sens ?
Inimaginable- mes semblables auraient-ils façonné cette pièce parfaite, inscrivant l'absolu au nombre de leurs accomplissements ?
Quoi- Admettre que cette relique ne soit un don divin.
Quoi- Artificielle, cette possibilité de transcendance ? Quel génie pour capter et reconstituer ces fragments d'infini qui dormaient dans l'éther, pour les révéler à l'homme en une visite écrasante de l'au-delà ?
Tolérer de ne pas partager cette merveille- y a-t'il des barbares pour ne pas idôlatrer ce qui seul fait à présent mon bonheur et éveille chez moi une étincelle de philanthropie, me poussant convulsivement à propager ce qui contient trop de beauté pour être embrassé par moi seul ? Garder jalousement ce qu'autrui pourrait ne pas apprécier à son inestimable valeur ?
Toutes ces questions, seul un chef-d'oeuvre est de nature à les imposer chez le fortuné découvreur qui, par le meilleur des hasards comme par une sélection rigoureuse, se trouve condamné à vivre lié dans cette joie irrationnelle, diffuse et euphorique à celui-ci.
Isa est un chef-d'oeuvre. 2007-12-15
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