SINISTER
SAVAGE OR GRACE (CD)
2003 chez Nuclear Blast


1. Rise Of The Predator
2. Savage Or Grace
3. Barbaric Order
4. The Age Of Murder
5. Conception Of Sin
6. Chapel Desecration (Real)
7. Dominion
8. Collapse Rewind
9. Apocalypse In Time


Fabien : 11/20
Bénéficiant d’un regain d’intérêt grâce à sa hurleuse Rachel, mais profitant également de la bonne santé du deathmetal, Sinister revient en mai 2003 chez Nuclearblast, après un bref passage au sein du label Hammerheart. Pourtant, la bonne forme apparente du quatuor néerlandais cache de nombreux désordres internes, à commencer par le départ de Bart, compositeur principal depuis Diabolical Summoning en 1993. Ron Van de Polder, géniteur du culte Cross the Styx, vient alors à la rescousse avec une tonne de riffs sous la main, assurant même l’intérim aux studios Excess, en enregistrant toutes les lignes de guitares, à l’exception des soli, effectués par Pascal Grevinga, toute dernière recrue du groupe.

Suite à une traditionnelle intro, Savage Or Grace délivre un deathmetal rapide et agressif, sur le jeu de Aad chargé en blasts et double grosse caisse, dans la veine de Creative Killings. Le retour de Ron laissait pourtant espérer une coloration Cross the Styx, mais malgré quelques ressemblances avec l’album culte, à l’image de Barbaric Order rappelant Epoch Of Denial, les riffs de Ron sont décidément moins tranchants que sur ses premières compositions.

Ainsi, Savage Or Grace défile vite, très vite, si bien qu’au bout de 30 minutes, hormis le bon Conception Of Sin et son acoustique judicieuse, l’auditeur n’a pratiquement rien retenu de son deathmetal linéaire. En considérant en plus sa production confuse et les growls monocordes de Rachel, n’ayant que l’originalité d’être issus d’une gorge féminine, la nouvelle galette de Sinister manque cruellement de profondeur.

Traversant une période difficile, Alex et ses comparses lâchent ainsi l’album le plus fade de leur discographie. Mais, bien que Savage Or Grace assure le strict minimum, il reste néanmoins un disque appréciable, parvenant brillamment à conserver le son et l’âme de Sinister, et comblant dès lors les plus mordus du style inimitable du combo hollandais.

Fabien.

2007-10-18