DEATHSPELL OMEGA
SI MONUMENTUM REQUIRES, CIRCUMSPICE (CD)
2004 chez Norma Evangelium Diaboli


1. First Prayer
2. Sola Fide I
3. Sola Fide II
4. Second Prayer
5. Blessed Are The Dead Whiche Dye In The Lorde
6. Hétoïmasia
7. Third Prayer
8. Si Monumentum Requires, Circumspice
9. Odium Nostrum
10. Jubilate Deo (O Be Joyful In The Lord)
11. Carnal Malefactor
12. Drink The Devil's Blood
13. Malign Paradigm


Kera
Deathspell Omega, ou comment créer une pièce ultime presque traumatisante. Cet album a beaucoup alimenté les conversations et a surtout déstabilisé plus d'un auditeur.
Je vais sortir des mes habitudes en parlant sans aucune objectivité de ce disque (ma viiiie...).
Depuis ma découverte de DSO avec le split w/ Mütiilation ( où le groupe m'avait déjà bien soufflé, surtout sur ce parties en arpèges très malveillantes...), je me suis toujours attendu à quelque chose de gros derrière. Et j'ai acquis ce "si monumentum...".
Première écoute: soufflé, écrasé. Ce disque parait trop dense à la première écoute, c'est un fait d'acquis. Beaucoup s'y sont arrêtés et c'est dommage (tant pis pour eux). La seconde écoute révèle déjà le côté captivant de cette pièce. Tout d'abord il y a une part de mystère non négligeable qui donne toute sa puissance au groupe. On imagine le groupe en train d'enregistrer comme s'il s'agissait d'une célébration, clairsemée de sang, de sueur et de haine, c'est indéniable (" Carnal Malefactor"). Mais justement, ce groupe n'a pas d'identité "physique" et cet album donne le vrai ton sur ce qu'est, selon moi, DSO : une entité probablement "métaphysique", quelque chose que l'on ne peut palper, juste ressentir et apprécier ou non.
Les écoutes suivantes deviennent de plus en plus religieuses. DSO évolue dans le style disons orthodoxe, évangélique : torturer les images, symboles, paroles des dogmes et prophéties en rapport au christianisme tout en évoluant sur un fil cisaillé entre cette partie et celle que l'on devine être celle de DSO : le culte de la bête.
La série des "prayers" (3 au total) marque plusieurs parties de cet album (que l'on devine être un concept album). "First Prayer", l'intro du disque reste un titre ultime : l'arpège lourd, la rythmique qui s'en suit , envole l'album d'une certaine manière. Comme l'image du book (les deux demoiselles nues affublées d'ailes), on peut comparer cet album à l'évolution d'un ange (déchu je pense). Malmené tout au long du disque, entrecoupé de petites clémences (les ponts sur certains morceaux). Les parties clamées aux vocaux ont rarement prises autant au ventre ("Jubilate deo"). Ce disque est aussi enclin à une certaine diversité : brutalité primaire ("Odium Nostrum", "Blessed Are the Dead Wiche Dye in the Lorde") , lourdeur malsaine et religieuse ("Carnal Malefactor", "First Prayer", "Third Prayer"), même un côté indus pour un effet certain ( fin de "Sola Fide Part.II" ).
Cet album est une grosse claque. Presque instantanément culte, dans plusieurs sens du terme. L'album est conçu tel un écrit saint, quelque chose de défendu, un travail salvateur, quelque chose d'inhumain.
Un grand disque, définitivement.

2005-05-08