OBITUARY
FROZEN IN TIME (CD)
2005 chez Roadrunner Records


1. Redneck Stomp
2. On the Floor
3. Insane
4. Blindsided
5. Back Inside
6. Mindset
7. Stamp Alone
8. Slow Death
9. Denied
10. Lockjaw


Eternalis : 9/20
Qu’est-ce qui peut bien motiver une reformation ? L’appât du gain ? L’envie d’être de nouveau ensemble ? Un renouveau artistique ? Un peu de tout ça ?
En tout cas, quels que soient les motifs, les années 2000 furent très riches en reformation, notamment dans le domaine de l’extrême. On ne compte plus le retour des formations cultes oubliées depuis des lustres. Celtic Frost, Carcass, Pestilence récemment, Brutal Truth et j’en passe énormément…et Obituary.
Précurseur dans le death, renommé comme étant l’un des tous premiers groupes aussi brutaux à la sortie de "Slowly We Rot", notamment la voix monstrueuse (dans le sens littéral du terme) de John Tardy et l’épaisseur des riffs distillés par les floridiens.
Puis vint l’époque bénie des Morbid Angel, Death, Carcass et autres Cannibal Corpse qui firent beaucoup d’ombre à Obituary qui reste encore aujourd’hui, loin d’être le groupe le plus prisé du death originel, malgré un "Cause of Death" ayant marqué à jamais de son empreinte le métal de la mort.

Mais suite à un "Back from the Dead" en 1997, le groupe sortie complètement de la circulation et laissa le public sans nouvelles pendant huit ans, huit années ou bien des choses ont changés dans le paysage métallique, entre l’avènement du néo, le retour du heavy et la mort présumée du death, la conjoncture n’est plus du tout la même, mais Obituary prouva avec son retour que lui, n’avait pas l’intention de regarder les années passées mais bien de faire comme si de rien n’était.
Ainsi, "Frozen in Time" démontre rien qu’avec son patronyme que Obituary, comme congelé dans le temps, revient comme si deux années s’étaient écoulées, dans une parfaite suite logique, sans une once d’évolution, de subtilité ou d’intelligence.
Les riffs sont lourds et gras, le tempo dépasse rarement le mid (ce pauvre Donald Tardy doit se faire chier encore plus la moyenne derrière sa batterie !), et John comme toujours, de façon hurlé, sans pour autant provoquer le moindre petit frisson.

Sa voix, si impressionnante à l’époque remis dans son contexte, parait aujourd’hui si fade que l’on ne peut que se demander comment elle a pu devenir culte. Inexpressive et répétitive, son chant n’offre aucune variation. Certes, ce n’était pas le but à l’époque mais lorsque l’on entend le résultat du dernier Celtic Frost ("Monotheist"), on comprend que Tom Warrior a chercher à proposer une musique original et d’une noirceur incroyable, comparé à ce "Frozen in Time" insipide, dans lequel aucun titre ne ressort plus qu’un autre.
La production est en revanche très épaisse et claire, et offre un terrain d’investigation idéale si le groupe avait été capable de composer un bon album.

Le premier morceau, "Redneck Stomp", instrumental aurait pu briser la monotonie mais que nenni, il n’est ni plus ni moins qu’un titre sans chant, aucun effort n’ayant été fait sur les riffs pour pallier l’absence de vocaux (Donald étant très clair sur le fait que John était arrivé en répet’ en disant qu’il n’avait aucun texte à mettre sur ce titre !).
Chaque morceau offre ensuite un schéma similaire, coincé entre riffs lourd, couplets et refrains. "Insane", porte parole de l’album ne se veut pas plus excitant que "On The Floor" ou "Blindsided".

En revanche, le très lourd, malsain et moribond "Mindset" dénote assez du reste, son riff de pachyderme prend aux tripes tandis que le chant de Tardy nous emmène dans une spirale de morbidité que nous aurions tant aimé découvrir plus. Ses vocaux vomitifs y sont réellement parfaits, au milieu de cet océan de conformité que représente ce disque raté, à l’image du pitoyable "Stand Alone" (le titre suivant Mindset qui plus est !), aux solos approximatifs (le son cafouille sur l’intro, un grand n’importe quoi !) et à la mélodie presque dansante.

Bref, rien à véritablement dire de plus sous le soleil de la Floride. Obituary, qui ne surfe actuellement plus que sur son propre nom, a pondu un navet comme chacun en compose un dans sa carrière, le plus problématique étant de le faire pour un retour ! Mais ça n’aura pas altérer un combo ayant même sortit son premier dvd sur cette tournée.
Restera un album de death de base pour le fan de base, une attitude presque insultante et si passéiste qu’elle en deviendrait insolente. Mais nous rentrons dans des débats extra musicaux, Obituary était de nouveau vivant, les fans étaient contents et les autres continuaient tranquillement leur petite vie, sans une once de changement…non, sans une once de changement…

2009-04-10