EMPEROR
IN THE NIGHTSIDE ECLIPSE (CD)
1994 chez Candlelight Records


Re-Issue in 2004 with 2 bonustracks

1. Into the Infinity of Thoughts
2. The Burning Shadows of Silence
3. Cosmic Keys to my Creations and Times
4. Beyond the Great Vast Forest
5. Towards the Pantheon
6. The Majesty of the Nightsky
7. I Am the Black Wizards
8. Inno a Satana

Bonustracks (Re-Release 2004)
9. A Fine Day to Die (Bathory Cover)
10. Gypsy (Mercyful Fate Cover)


BEERGRINDER : 19/20
Attention ce disque est la référence absolue en matière de Black Metal symphonique, pour la bonne raison que c’est avec In the Nightside Eclipse (1994) enregistré au désormais légendaire Grieghallen Studio que les bases du style ont été posées. Un élément va en effet tout changer par rapport à leur production précédente, le split avec Enslaved : l’utilisation d’un clavier, chose peu commune à l’époque.

Tout d’abord comment ne pas évoquer le magnifique artwork de Necrolord et ce paysage d’hiver sombre et bleuté aussi épique qu’inquiétant qui reste à tout jamais l’une des pochettes musicales les plus réussies et réputées.

Ceux qui ne juraient que par Hordane’s Land ont du être un peu surpris de la présence intensive de synthé et le côté symphonique que venaient de créer Ihsahn, Samoth, Tchort et Faust. Au passage on notera que le morceau Cosmic Keys To My Creations & Times déjà présent sur le split est repris ici de façon immensément plus travaillée et carrée, prenant réellement un aspect cosmique (vu le titre ça tombe bien), cette impression dure d’ailleurs tout au long de ce chef d’œuvre qu’est In the Nightside Eclipse.
En effet dès l’intro de Into The Infinity Of Thoughts on sent déjà le souffle maléfique et froid des norvégiens nous envahir et ce morceau se lance d’ailleurs dans un fracas de mélodies enchevêtrées qui nous assomme un peu plus à l’arrivée du clavier, un souffle mystique et misanthropique nous balaye durant ces 9 minutes d’une exceptionnelle intensité, les breaks centraux ainsi que la partie de clavier envoûtante qui suit finissent de mettre sur le cul l’auditeur dès le premier titre, jamais un groupe de Black Metal n’avait jusque là osé mélanger une telle agressivité à des parties symphoniques.

D’aucuns considèrent que Emperor a provoqué l’arrivée d’un ribambelle de groupe de Black Metal utilisant le synthé à outrance et déviant singulièrement de l’esprit de base de cette musique mais ce n’est quand même pas la faute de Samoth et les siens si la plupart de leurs clones n’ont jamais pu atteindre leur niveau et sont parfois tombés dans la mélodie à gogo et un adoucissement outrancier.

En tout cas tout au long de cette galette les linéaires tranchants de Samoth sont accompagnés par ce synthé hypnotique et la voix venimeuse de Ihsahn, avec des titres comme Toward The Pantheon on atteint des sommets dans l’art de captiver l’auditeur et faire participer celui-ci au voyage spirituel et initiatique vers la gloire toujours avec ses riffs agressifs alternant ou se superposant au tout puissant clavier.

Cependant le meilleur est encore pour la fin, après avoir pourtant subjugué par l’épique et lancinante partie finale de The Majesty Of The Nightsky, voici les deux hymnes incontestés du CD. I Am The Black Wizzards son premier riff caractéristique ses grands coups de clavier comme des coups de tonnerre, ce superbe mid-tempo central et ce break fabuleux avant le final nous plongeant dans la noirceur et la tristesse absolue.
Et pour finir en apothéose, Emperor crache avec Inno A Satana, sa misanthropie, sa supériorité et sa dévotion envers les forces obscures à la face de l’humanité, les voix claires d’Ihsahn y sont captivantes et le côté occulte des norvégiens est exacerbé par ces incantations au malin : INNO A SATANA !…, jusqu’à une fin hystérique ou les cris de possédés côtoient une violence musicale sans précédent.

In the Nightside Eclipse et ses compositions fabuleuses a provoqué un renouveau et un regain d’intérêt immense pour la scène Black Metal, entraînant dans son sillage des groupes comme Dimmu Borgir, Setherial ou Gehenna, la nouvelle génération du Black Metal. Un album à marquer d’une pierre angulaire qui restera éternellement pour beaucoup d’entre nous le chef d’œuvre ultime du Black Metal symphonique, provoquant des émotions auditives qu’aucun mot ne peut décrire.

BG

2008-06-30