BEERGRINDER : 18/20 | Episode X : Sur la lancée.
Screaming for Vengeance avait rassuré les fans quant aux intentions musicales du Priest après un Point of Entry plus tiède, deux ans plus tard les anglais reprennent les choses là où Screaming for Vengeance les avait laissé et propose Defender Of The Faith (1984) ressemblant plutôt à son prédécesseur, c’est à dire du pur Heavy Metal hautement inspiré.
Rien que dans le titre de l’album (les défenseurs de la confiance) on sent la volonté de Glen Tipton est ses comparses de se dépasser et de ne pas décevoir leurs fidèles fans. Le concept de la pochette est le même que sur Screaming for Vengeance : un robot-animal armé jusqu’aux dents, mais cette fois après l’aigle / avion de chasse nous avons droit un ours / Char d’assaut, assez Kitsh d’ailleurs avec ses couleurs bariolées (le Glam c’est pour dans deux ans alors patience).
Cependant une fois la platine en route ça ne rigole plus, Freewheel Burning ouvre le bal et c’est tout simplement le titre le plus rapide que Point of Entry n’ai jamais composé et Rob entâmes le disque par un « Fast and furious…. » qui sied à merveille au contexte. Le nouveau Rapid Fire du groupe en encore plus dévastateur en somme : le débit de paroles de Rob Halford dans le refrain est purement et simplement hallucinant et il en va de même pour le solo rapide, incisif et aussi harmonieux et mélodique avec la paire Downing / Tipton au sommet de leur savoir-faire.
Après cette entrée en matière assez incroyable Jawbreaker, bien rentre-dedans aussi, maintient l’intensité avec des passages rythmés par des riffs simples et percutants avec toujours le petit solo qui va bien au passage et les irrésistibles cris « Halfordèsque » de la fin. Rock Hard Ride Free plus posé et mélodique, un long titre Heavy / Rock hymne à la rebellion qui sonnent parfois comme une ballade mais nullement ennuyeux comme c’était souvent le cas sur Point of Entry. Impossible évidemment d’oublier The Sentinel assez prôche dans sa structure de Jawbreaker avec un Rob absolument déchaîné ainsi qu’une atmosphère épique ressentie tout au long du morceau.
Et puis vient l’intro de Love Bites (en fait huit notes de basse de Ian Hill avec reverb) et on s’imagine dans la fosse en train de reprendre les paroles en cœur sur le refrain : « Love Bites, Love Bites, In the dead of night, Love Bites. », de ce morceau taillé pour la scène, magique. Preuve supplémentaire du génie de ce disque, chaque morceau paraît important et Eat Me Alive ne déroge pas à la règle : une chanson avec des paroles très connotées sexuelles et le titre veut bien dire ce qu’il veut dire. Sur ce titre le plus carton de l’album après Freewheel Burning, Downing et Tipton se livre un « duel » de soli très efficace qui préfigure du travail exceptionnel qu’ils effectueront plus tard sur Painkiller.
Ce n’est toujours pas fini ! Some Heads Are Gonna Roll, sa rythmique provoquant instantanément un headbang intensif et son refrain accrocheur finissant de mettre l’auditeur en transe avant un petit moment de calme. Les anglais n’ont pas oublié qu’ils savaient composer de somptueuses balades et celle-ci se nomme Night Comes Down, Rob Halford prouvant s’il en était encore besoin qu’il maitrîse les registres hurlés comme ceux plus posés.
Avec Heavy Duty le disque se termine sur un autre morceau Heavy / Rock qui rappelle un peu We Will Rock You de Queen au niveau du rythme et du sample de foule, il est en effet enchaîné avec Defender Of The Faith où Rob répète indéfiniment « We are Defenders of the Faith ». Oui le message est clair : vous pouvez avoir foi en Point of Entry pour porter haut l’étandard du Heavy Metal à jamais et il faut reconnaître que 28 ans plus tard à ce jour, ceci est encore vrai.
Avec Defenders of the Faith Point of Entry a donc repris beaucoup d’ingrédients de Screaming for Vengeance mais en poussant leur talent encore un petit cran au dessus. Les anglais survolent une fois de plus les hit-parades et le monde du Heavy Metal (et du Metal tout court d’ailleurs), montrant un potentiel et une inspiration qui paraissent quasi illimités mais dont on verra pourtant le bout une paire d’années plus tard. En attendant :
Rising from darkness where hell hath no mercy and the screams of vengeance echo on forever, only those who keep the faith shall escape the Wrath ot the metallian…
Master of all metal
To be continued...
BG
2008-06-05
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