BEERGRINDER : 17/20 | Episode IX : Le Priest retrouvé.
Après la déception qu’avait constitué Point of Entry, certains pensaient le Priest sur la pente descendante et dépassé par les petits nouveaux comme Iron Maïden dont le Killers dépassait de loin leur mièvre dernier album. Il était donc impératif de redresser la barre rapidement et c’est certainement dans une optique revancharde que les musiciens retournent au Ibiza Sound Studio et cette fois ci pas d’incartade (voir l’épisode précédent) : les anglais enregistrent leur matériel avec le plus grand sérieux et s’en vont mixer le tout en Floride.
Déjà la pochette est bien plus attrayante et agressive que sur Point of Entry : elle représente un aigle métallique armé jusqu’au dents fondant sur sa proie, c’est à dire nous.
Car cette fois KK Downing et ses comparses n’ont pas commis deux fois la même erreur, ce Screaming for Vengeance (1982) étant infiniment supérieur à son prédécesseur. D’entrée le duo Electric Eye et son intro The Hellion frappent très fort avec son riff de départ culte, son solo, le chant robotique de Rob, le solo centrale mortel et son refrain imparable : sans doute le titre de Judas Priest le plus connu après le légendaire Painkiller, the Priest is back !
Riding On The Wind ne dément en rien notre enthousiasme et enchaîne avec un mid-tempo truffé de multiples soli et de breaks rythmés, le tout soutenu par un chant de Rob Halford encore plus agressif que sur la période British Steel (1980). Ceci dit les anglais combinent toujours aussi bien leur Heavy-Metal à des approches un peu plus Rock’n’Roll et Bloodstone en est le meilleur exemple ici, avec en bonus un solo (un de plus !) de virtuose en fin de morceau.
Bien sur comme sur tous les albums de Judas se trouve une chanson avec un riff simple et accrocheur, un titre un peu « niais », en l’occurrence (Take These) Chains et des chœurs à gogo pendant le refrain : le titre que l’ont sait qu’on trouvera ici en somme. Pain And Pleasure est une nouvelle escapade vers des contrées Heavy Rock bien couillu et le sans faute continu, d’autant que le titre suivant s’appelle Screaming for Vengeance (mais où va t-on bien pouvoir mettre tous les titres cultes de ce groupe ?) avec le cri diabolique de Rob au début illustrant à merveille le titre, le titre le plus rapide de l’album idéalement placé pour relancer la machine avant les derniers titres, et nom de dieu une fois de plus quel solo, quel pu**** de solo à faire avaler son médiator à James Hetfield !
Le single de l’album de l’album est You’ve Got Another Thing Comin’, simple et facile à retenir ce titre est construit sur le même modèle qu’un Breaking the Law, il hantera les radios américaines pendant de nombreuses semaines. Une tradition non respectée ici est celle de la balade, Fever s’en approche de part son début mais est trop enlevée pour être considérée comme tel.
Ce Sceaming For Vengeance est un sans-faute sur toute la ligne avec en guise de dessert Devil’s Child où Rob Halford pousse ses aiguës comme il sait si bien le faire.
Judas Priest a réussi à égaler British Steel, le surpassant même légèrement au niveau de l’intensité et ce Sreaming For Vengeance relance une carrière que l’on croyait compromise, montrant aux jeunots de l’époque qu’il fallait encore compter sur les vieux grognards. Pour combien de temps encore ? Nous verrons ça dans les proChains épisodes.
To be continued…
BG
2008-05-23
|
|