JUDAS PRIEST
RAM IT DOWN (CD)
1988 chez Epic Records / Columbia Records / CBS Records


Re-Issue in 2001 by Sony Music with 2 bonustracks.

1. Ram It Down
2. Heavy Metal
3. Love Zone
4. Come and Get It
5. Hard As Iron
6. Blood Red Skies
7. I'm a Rocker
8. Johnny B. Goode (Chuck Berry Cover)
9. Love You to Death
10. Monsters of Rock

Bonustracks (re-Issue 2001)
11. Night Comes Down (Live)
12. Bloodstone (Live)


BEERGRINDER : 14/20
Episode XII : Remettre les choses au clair.

Après un Turbo qui montrait un Judas Priest désireux de s’éloigner un peu de leur Heavy Metal traditionnel, suivi d’un PriestLive poussif à la set-list négligeant la majeure partie des classiques, les anglais ont décidé de reprendre les choses en main en revenant à quelque chose de plus épuré et direct. En effet comme le prouve la pochette, la bande du chauve le plus connu derrière Fabien Barthez a décidé de taper du poing sur la table (ou plutôt la planète) et de montrer qu’ils ne baisseraient pas pavillon si facilement face au Thrash Metal de Megadeth, Slayer ou Metallica.

Enregistré au Puk Studios au Danemark et masterisé à Londres, Ram It Down (1988) est doté d’un son moderne et puissant, donnant sa place et une clarté appréciable à tous les instruments.

On comprend dès les premières secondes de Ram It Down que le côté Glam de Turbo ne sera pas au rendez-vous ici, ce premier titre nous ramène dans la tradition de Screaming for Vengeance / Defender Of The Faith en attaquant par un titre rapide. En effet jamais Judas Priest n’avait sonné aussi agressif jusque là et sur ce morceau d’un frénésie rare qui commence par un cri effrayant de Rob Halford, les musiciens enflamment nos oreilles avec des riffs implacables, le chant est également plus percutant qu’auparavant et monte dans les aiguës encore plus souvent qu’à l’accoutumé avec cerise sur le bateau (…), un solo à la fois d’une force mélodique, d’une intensité et d’une rapidité rarement égalé de Glen Tipton.

Ce disque démarre donc sous les meilleurs hospices mais hélas la suite n’est pas toujours aussi irréprochable, ainsi Heavy Metal (avec un titre pareil on est quand même en droit d’attendre une tuerie) est un honnête morceau mais en dessous de ce que laissait présager un titre aussi aguicheur : un petit solo, deux riffs sympathiques, un break qui tue et un refrain évident : « Heavy Metal !… » et le tour est joué. Le problème c’est que les morceaux suivants, loin d’être mauvais se contentent de suivre le même schéma bien rôdé avec quelques riffs bons riffs de circonstance et les soli adéquats sans vraiment parvenir à transcender. Come And Get It notamment, malgré une rythmique de départ imparable, est presque aussi niaise musicalement qu’au niveau de ses paroles.

Heureusement on retrouve le Priest qui va de l’avant sur Hard As Iron, sans doute le morceau ayant le plus de points communs avec ceux de l’album suivant, le surpuissant Painkiller : paroles guerrières, double grosse caisse en abondance, soli dévastateurs et riffs aiguisés comme des rasoirs. KK Downing et ses acolytes n’en oublient pas pour autant qu’ils sont avant tout des créateurs ayant en partie façonné le Heavy Metal, le curieux mais grandiose Blood Red Skies de 8 minutes, narrant la féroce résistance d’un guerrier du futur se sachant condamné le prouve : Rob démarre ici a capella ce qui semble d’abord être un slow avant que la musique ne s’emballe soudain sur simultanément des guitares tranchantes et des sonorités electro. L’ambiance y est épique et triste, grâce à la prestation fabuleuse d’Halford qui fait passer dans sa voix toute la palette des émotions.

Ensuite c’est toujours la même histoire l’intensité redescend d’un cran, I’m a Rocker sonnant un peu comme un Leather Rebel fatigué avant d’enchaîner sur la bonne surprise, une rafraîchissante reprise de Johnny B. Goode invitant à headbanger avec le jeune country boy surdoué… On se demande s’il n’aurait pas été préférable de finir l’album sur ce titre car Love You To Death et ses plans caricaturaux ainsi que Monsters Of Rock, qui est dans l’esprit une grossière copie de la fin de Defender Of The Faith ne laissent pas vraiment un souvenir impérissable de la fin du disque.

Le tout meilleur côtoie donc ici des choses plus dispensables, quelques chansons ont été un peu bâclé faisant baisser la valeur générale de Ram It Down pourtant bâti sur des bases intéressantes.
Les ennuis vont alors commencer pour les cinq de Birmingham (à part Dave Holland qui n’était pas dans le groupe à l’époque des chansons incriminés, mais il aura malheureusement lui aussi son lot de problèmes avec la justice dans le futur) avec leur fameux procès : ce sera un mal pour un bien car toute la frustration et la colère accumulées donneront une rage sans précédent aux musiciens sur leur réalisation suivante.
To be continued…

BG

2008-07-07