Fabien : 15/20 | Deux années séparent The Wretched Spawn de son prédécesseur, soit l’intervalle moyen entre deux méfaits de Cannibal Corpse, depuis l’intégration de Georges Fisher en 1996. Le nouvel album n’affiche aucun changement notable, puisque le quinquet floridien conserve ls même line up, label, studio d’enregistrement, ingénieur du son et illustrateur. La pochette de Vince Locke se veut toutefois beaucoup plus brutale que la précédente, renouant avec l’imagerie outrancière de la période Butchered at Birth.
Musicalement, The Wretched Spawn reste ainsi dans la même veine que les deux derniers albums, Cannibal Corpse semblant avoir acquis sa personnalité définitive depuis déjà plusieurs années. Le groupe bénéficie toutefois d’une enregistrement plus rond et plus puissant de Neil Kernon, retrouvant de fait le mordant partiellement perdu sur son dernier Gore Obsessed, lui permettant de livrer quelques Severed Head Stoning ou Frantic Disembowelment particulièrement meurtriers.
En outre, Cannibal Corpse parvient à équilibrer judicieusement son album, privilégiant tour à tour des titres tantôt techniques (Psychotic Precision), accrocheurs (Decency Defied), ou chargés d’ambiances épaisses (Festering in the Crypt), maintenant ainsi un entrain constant durant les 44 minutes de The Wretched Spawn, tout en prenant un malin plaisir à frapper avec une précision et une brutalité manifestes. Incontestablement, la force du quinquet floridien réside dans son redoutable trio de compositeurs, mais aussi dans la grande cohésion régnant au sein de la formation, le tout dynamisé par l’excellence gutturale de Georges Fisher.
En cette année 2004, Cannibal Corpse livre ainsi un The Wretched Spawn sans surprise, mais retrouve parallèlement une force, une brutalité et une inspiration incontestables, qui manquaient quelque peu sur son précédent méfait, lui permettant de frapper de nouveau juste et fort. Enfin, même si l’innovation n’est pas de mise, on ne peut raisonnablement pas reprocher au groupe d’Alex Webster de lâcher désormais des bombes d’une teneur certes identique, alors qu’il excelle indéniablement dans son style death, tout en bénéficiant d’un caractère entier et d’une marque de fabrique à toute épreuve.
Fabien. 2008-12-23
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