BROKEN HOPE
THE BOWELS OF REPUGNANCE (CD)
1993 chez Metal Blade Records


1. Repugnance
2. The Dead Half
3. Coprophagia
4. She Came Out in Chunks
5. Peeled
6. Instrumental
7. Hobo Stew
8. Decimated Genitalia
9. Preacher of Sodomy
10. Remember my Members
11. Waterlogged
12. Embryonic Tri-Clops
13. Drinking the Ichor
14. Felching Vampires


Fabien : 14/20
Sorti en septembre 1993, The Bowels Of Repugnance constitue le premier méfait de Broken Hope enregistré pour le compte de la célèbre écurie Metal Blade. Il représente à ce jour l'album le plus extrême du groupe, étant souvent considéré comme son propre Reign In Blood, de part sa densité, sa violence et sa courte durée.

A l’instar du grand pas entre Eaten Back To Life et Butchered At Birth de Cannibal Corpse, la différence entre Swamped in Gore et The Bowels Of Repugnance est flagrante. Le death metal mid tempo du premier opus se transforme en effet en un assaut d’une extrême brutalité, assénant nombre de parties grinds, terriblement mises en valeur par le jeu de batterie très carré de Ryan Stanek. Parallèlement aux blast beats, Broken Hope calme judicieusement le jeu par des passages lourds, à l’image du très bon She Came Out, évitant ainsi le piège d’une trop grande linéarité.

La force de Bowels Of Repugnance réside également dans le placement de trois interludes acoustiques à la fois sinistres et apaisants, notamment accompagnés de lignes de violon sur l’excellent Repugnance, lui conférant une ambiance lugubre particulièrement réussie. Joe Ptacek possède par ailleurs un chant d'un guttural déconcertant, éructant des propos quasi incompréhensibles, à la manière de Pat Bailey des redoutables Killing Addiction, sur des paroles de Jeremy Wagner, aux accents nécro sado pathologiques particulièrement terrifiants.

Avec de surcroît une production claire et épaisse de Brian Griffin, guitariste du groupe, Bowels Of Repugnance possède de nombreux atouts pour convaincre. Malheureusement, distillant une musique certes moins fine, son amalgame avec le death metal de Cannibal Corpse est inévitable, plaçant Broken Hope dans l’ombre de ce dernier. Flanqué de surcroît d’une pochette au crayonné complètement pourri, et d’une distribution Metal Blade plus que contestable, Bowels Of Repugnance ne parvient dès lors pas à hisser le gang de Chicago parmi les leaders de la scène brutal death gore US de l'époque, malgré l'étonnante qualité de ses morceaux.

Fabien.

2007-09-13