Opalescente : 19/20 | Traversant depuis quelques mois une période où je n'aspire qu'à courir à demi vêtue dans des bois touffus peuplant nos chères contrées nordiques, une épée ondulant sur ma hanche au rythme de mes hurlements frénétiques effrayant les touristes imprudents, je me suis naturellement un peu plus tournée vers le vaste genre "viking/épique/folklorique" pour mieux préparer mon immersion.
Grand bien m'en a pris, car je dois avouer, à ma grande honte, que jusqu'il y a peu, j'ignorais tout de l'existence de Moonsorrow. Cette lacune impardonnable réparée, je dois reconnaître qu'en plus de me permettre de frimer parmi les hordes de païens en étalant mes connaissances "metallistiques", j'ai découvert une perle rare.
Le contenu de cet album, tout d'abord, est assez dense. Peu de morceaux, mais ils ont tous une durée importante, l'intro exceptée. Généralement ce genre de constat m'effraie un peu. Je crains toujours une démonstration de virtuosité avec des solos d'une implacable longueur donnant envie de casser son poste à coup de masse. Fort heureusement, ce n'est pas le cas ici.
Les compositions ont un tour résolument épique et grandiloquent. La modestie n'est vraisemblablement pas le point fort de Moonsorrow, mais leur prétention est à la hauteur de leur talent, alors ont leur pardonne volontiers cette suffisance.
Il est difficile de mettre des mots sur ce que l'on ressent en écoutant cet album de Moonsorrow. Je me suis personnellement immédiatement sentie prise au piège de leurs fresques. Dès les premières notes de leur somptueuse intro, j'ai compris que je ne pourrais pas lâcher si facilement cet album.
Ne parlant pas plus d'un mot de finnois, l'immersion dans leur univers paraissait difficile. Et pourtant, la beauté de leur musique transcende la simple barrière du langage. Sans parvenir à les comprendre, on parvient aisément à "ressentir" leurs histoires, à frissonner, s'émouvoir, se ragaillardir. Assez étonnant dans le monde du metal pour être relevé.
Kylan Paassa, par exemple, malgré un certain nombre d'ajouts "folk" (et la légèreté inhérente au genre), conserve cette même imposante maîtrise de la saga musicale qui nous laisse stupéfait une fois le morceau achevé. Et il s'agit du morceau que j'ai le moins apprécié...
Le très long Sankatarina, et ses chœurs et mélodies mélancoliques, est une grande réussite de l'album. Judicieusement scindé en son milieu par des cris et des applaudissements prend son envol et offre une deuxième partie plus "martiale". L'imagination suit immédiatement et on se prend à rêvasser d'anciennes légendes et conquêtes..
Le meilleur morceau restera néanmoins pour moi Sakanrihauta. Peut-être est-ce parce que j'ai découvert Moonsorrow par celui-ci ? Ou tout simplement car cette chanson, plus encore que ses consœurs, m'arrache des émotions vives et intenses, tant les qualités des musiciens et leur inénarrable talent sont évidents. D'une beauté à couper le souffle.
Bref, je ne vais pas faire étalage de tous les superlatifs de mon vocabulaire, pour vanter les qualités que, vous l'aurez compris, cet album excellent recèle.
J'ai assez peu parlé de l'aspect technique de leur musique tant cela m'a semblé secondaire, face à cet album d'une dimension un peu surnaturelle qui se vit et se ressent, bien plus qu'il ne se détaille.
Je ne vais pas m'en lasser de si tôt ! 2008-12-27
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