ANTHRAX
SPREADING THE DISEASE (CD)
1985, Island Records


1. A.I.R 5.45
2. Lone Justice 4.37
3. Madhouse 4.20
4. S.S.C. / Stand or Fall 4.08
5. The Enemy 5.24
6. Aftershock 4.29
7. Armed and Dangerous 5.44
8. Medusa 4.44
9. Gung-Ho 4.36

Total playing time 43.47


eulmatt : 15/20
Face à l’armada californienne qui ravage toutes les vieilles certitudes du heavy metal en ces années 83/84, quelques autres groupes nord américains parviennent à tirer leur épingle du jeu dans la course à l’armement incarné par ce heavy metal survitaminé, que l’on rebaptisera bientôt thrash metal. Les plus brillants d’entre eux sont bien vite repérés par Jon Zazula, ce qui leur assure une signature chez le désormais incontournable label Megaforce. On retrouve en tête de proue les Canadiens d’Exciter, et surtout les New-Yorkais d’Anthrax, propulsés par un prometteur Fistful of Metal qui suit le légendaire Kill’Em All de quelques mois.
Un an plus tard, avec une image de locomotive à défendre, Anthrax s’attelle à son second album, toujours sous la houlette du duo Zazula / Canedy. Le line-up a subi quelques mouvements notables : l’influent Dan Lilker a laissé la place à Frank Bello à la quatre cordes, et le grand Neil Turbin cède le micro a un petit brun frisouillé d’origine italienne, Joe Belladonna. Un line-up qui va faire les beaux jours du groupe pour de longues années, et qui se fait les dents sur un EP nommé Armed and Dangerous, au demeurant étonnamment conservateur avec ses relents marqués de heavy metal.

La frayeur n’aura pas duré longtemps, car Spreading the Disease montre que la marche en avant est désormais bien enclenchée vers un thrash moderne et percutant (malgré quelques dernières hésitations).
Le style Anthrax prend toute sa mesure sur des titres comme A.I.R., Stand or Fall, et surtout les sautillants et percutants Aftershock et Gung-Ho : la puissance et la nervosité des riffs de Scott Ian, la capacité de Charlie Benante à mener une rythmique d’enfer à grands coups de double, les chœurs qui encadrent le chant aigu et lyrique de Belladonna…le groupe assume son héritage new-yorkais et l’énergie explosive de son hardcore.
Désormais, Anthrax affiche sa marque de fabrique et devient reconnaissable entre mille, en tout cas prend ses distances avec l’école californienne. Le thrash anthraxien révèle son visage festif et enjoué, avec une puissance de feu imparable qui fait la joie des headbangers et des « Moshers ».
Le quintet se révèle également séduisant quand il ralentit l’allure et qu’il parvient à amalgamer sa culture heavy metal avec la puissance et le gras du riffing thrash, avec suffisamment d’énergie et d’impact : on en a par exemple pour preuve le solide Lone Justice, qui révèle le goût d’Anthrax pour les sujets sociaux et sociétaires plutôt que pour la mort et le satanisme. La qualité de composition et le sens de la mélodie qui percute fait aussi des merveilles avec Stand or Fall et surtout Madhouse, typique du genre avec son hymne-refrain accompagné de chœurs, imparable lors des prestations scéniques qui vont contribuer à la construction de la légende du groupe.
D’ailleurs, toute cette énergie fait la force d’Anthrax, qui ne va pas puiser dans les démonstrations techniques pour atteindre son but. L’incorporation subtile mais réelle d’éléments hardcore est sans aucun doute fondatrice pour le groupe.
Dès lors, on doit aussi pointer les lacunes du disque : alors que sa voie semble trouvée, Anthrax s’échine à placer quelques titres anachroniques, ressemblant à des résidus d’un académisme heavy metal « chains and leather » qui veut survivre coûte que coûte. The Enemy a beau être de bonne facture, elle semble bien âgée entre Stand or Fall et le déflagrant Afterschock. Armed and Dangerous, outre son caractère déphasé, ne peut même pas bénéficier de l’effet de surprise ; quant à Medusa, morceau insipide imposé par Zazula lui-même, il ferait presque tâche.
Ces bémols n’empêchent pas Spreading the Disease de figurer comme l’un des disques phares de l’année 1985, incarnant surtout l’affirmation d’un style Anthrax qui va atteindre son apogée sur le formidable Among the Living à venir. Celui d’un thrash nerveux, puissant, festif, héritier de la culture et du discours hardcore, et donc taillé pour la scène.

2009-12-18


bigoud : 15/20
Un an après leur très bon premier album "Fistful of Metal", Anthrax revient avec leur nouvel opus intitulé "Spreading the Disease". Cet album marque l'arrivée du chanteur Joey Belladonna et de Franck Bello à la basse.

"A.I.R." ouvre l'album avec un son lourd, des riffs puissants et un rythme bien rapide. Cette chanson est devenue un hymne en Live tout comme "Madhouse" (la chanson qui m'a fait découvrir ce groupe génial), dont le public reprend haut et fort "IT'S A Madhouse!!".

Les titres s'enchainent alternant rythmes trash et d'autres plus heavy, comme "Lone justice" et "The enemy".

Anthrax est spécialiste dans les refrains accrocheurs, comme le montre les titres "S.S.C.", "Aftershock" ou "Gung-ho".
A noter la sublime chanson "Armed and Dangerous" qui débute en acoustique puis qui se transformr en un bon heavy rapide.

Joey Belladonna marque son empreinte sur Anthrax et le groupe est au plus haut de sa forme.

Excellent album des américains qui atteignent le sommet en ce milieu des années 80 et ils ne sont pas prêts de s'arrêter, bien au contraire...

Metal is forever...

2008-11-30