Fabien : 18/20 | Deux années exactement après le très bon The Bleeding, la bande d’Alex Webster sort son cinquième méfait en ce mois d’avril 1996, le bien nommé Vile. L’album annonce le départ de l’emblématique Chris Barnes, qui se consacre désormais à plein temps au sein de son projet Six Feet Under, aux côtés de Terry Butler (ex-Death) & Allan West (ex-Obiturary). Cette fois-ci, Metal Blade sort deux versions du disque, dont une ne contenant pas même l’habituelle illustration complète de Vince Locke à l’intérieur, bien que son dessin, brutal sans être choquant, ne justifie aucune censure particulière (marketing, quand tu nous tiens).
Décidant de faire peau neuve, à l’image de son logo redessiné et moins brouillon, Cannibal Corpse effectue un nouveau pas en avant tant au niveau des compositions, du chant, que de la production de son nouvel album. Vile est en effet varié, mais aussi plus aéré, écrit par trois membres apportant chacun leur lot d’idées, se complétant à la perfection. Les contretemps et l’efficacité des morceaux de Webster s’opposent ainsi aux titres techniques de Barrett et à ceux plus alambiqués d’Owen, à l’image de leurs morceaux respectifs Barbed Wire, Absolute Hatred ou Eaten From Inside, terriblement percutants. Enfin, le nouveau growler Georges Fisher, transfuge de Monstrosity, dynamise parfaitement l’ensemble, grâce à son coffre phénoménal, qui lui permet de dégager une puissance considérable et de passer aisément d’un guttural pur & compréhensible à des cris arrachés.
Vile bénéficie en outre d’une excellente production, comptant parmi les enregistrements les plus incisifs de Scott Burns, aux côtés de ses efforts sur World Downfall ou Pierced From Within (Suffocation, Terrorizer). Gagnant ainsi en énergie, grâce à un son clair et profond, Cannibal Corpse frappe dès lors avec une précision impitoyable, lui permettant de lâcher quelques Perverse Suffering ou Disfigured absolument imparables.
D’une technique, d’un équilibre et d’une puissance impressionnantes, Vile s’inscrit parmi les réalisations décisives de Cannibal Corpse, lui permettant non seulement de franchir un cap, mais aussi de traverser la période fade du death metal sans aucun problème, alors que nombre de ses confrères s’embourbent lentement au fil des années. Scindant l’histoire du groupe en deux périodes, l’ère suffocante de Chris Barnes et celle terrassante de Georges Fisher, Vile est un album clé du redoutable gang floridien, nouveau pied de nez face aux nombreux détracteurs, qui ne voyaient en Cannibal Corpse qu’un simple groupe sans espérance.
Fabien. 2007-03-31
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