Eternalis : 14/20 | « Rabbit don’t come easy » peut être caractérisé à juste titre comme le « vrai » album renaissance de Helloween. Je sais que « Better Than Raw » avait amorcé un retour en force des allemands mais il faut également admettre que « The Dark Ride » (l’album précédent) n’était pas un modèle d’excellence. Selon moi, cet opus marque le retour d’un groupe au sommet de sa forme artistique, mais comme tous les retours, cet album ne manquera pas de défauts, défauts pour la plupart éliminés sur les deux albums suivants qui achèveront de faire revenir le quintet allemand sur le devant de la scène.
S’ouvrant sur deux morceaux furieux (enfin, à l’échelle d’Helloween), rapide et entrainant (« Just A Little Sign » ; « Open your life), cette cuvée 2003 débute dans les meilleures conditions possibles. Andy Deris est désormais parfaitement intégré au groupe et son timbre si particulier est aujourd’hui une arme de poids face à la masse de jeunes loups aux dents longue. Et puis, du côté instrumental, tous est carré et précis au millimètre, performance allemande oblige. Le nouveau batteur Dani Löble est impressionnant de vélocité et de puissance (quelle frappe !) tandis que les riffs assassins se succèdent et se déchirent sur des solos ébouriffants.
Ces deux introducteurs produisent complètement leur effet, on veut absolument connaître la suite, et c’est là que le bas blesse…car ces deux titres sont les meilleurs de l’album. Mais n’allez pas croire que le reste n’est pas digne d’intérêt, il s’agit d’Helloween tout de même, mais l’on ne pourra que regretter une certaine linéarité. Car tandis que certains morceaux déchirent tous, d’autres semblent juste bons pour remplir l’album et être en fin de compte des « sous-morceaux ».
Mes paroles sont dures mais ne croyez pas que le but est d’offrir une vision négative de cet opus, cette expression symbolise simplement le fait que l’album ne possède pas la cohésion qu’il aurait mérité. Car pour un génial « Liar », speed et sans concession, un mid tempo ravageur comme « Never be a star » ou un morceau plus surprenant comme le lourd « Sun for the world » (et son intro oriental), combien de « Do you feel good » ou « Listen to The Flies » plus fade et qui donnent malheureusement l’envie de passer à la piste suivante. Ce n’est pas qu’ils soient mauvais, pour beaucoup de groupes, ils deviendraient des classiques, mais nous parlons tout de même de Helloween.
La dernière chanson restera sur ce constat mitigé. Du haut de huit minutes, « Nothing to say » marquera pour un rythme original et décalé mais péchera par un refrain mou et insipide, où Andy lui-même ne semble pas convaincu.
Du côté des textes, il s’agit toujours de thèmes très positifs prônant l’ouverture d’esprit et la sincérité, du pur Helloween sur ce plan là, comme pour le livret très marrant avec une quantité innombrable de dessins de personnages à têtes de citrouilles dans des situations diverses et variées.
Au final, les allemands livre un bon album, avec des brûlots speed d’avenir, mais également des plages plus faibles certainement inutiles. Mais lorsque l’on voit comment ils sont rectifiés le tir avec le troisième volet des « Keeper… » et « Gambling with the Devil », on ne peut que saluer bien bas ce groupe culte qui nous fait rêver depuis plus de vingt ans déjà…
2008-11-16
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