Svartolycka : 18/20 | "Amongst the Catacombs of Nephren-Ka" avait été le signe d’une éclosion, l’apparition d’un groupe aux capacités énormes et à l’aura naissante. "Black Seeds of Vengeance" est la pleine explosion du death-metal de catacombes. Catacombes, Nile en vient directement s’inspirant (aspirant pourrait-on dire) du passé, le groupe américain le transforme en véritable souffle épique, barbare et frénétique.
Toujours assez proche de Morbid Angel mais aussi d’Immolation, Nile se détache sensiblement du style de l’ange morbide sur ce nouvel album, il emprunte une voie autre qui concorde plus avec sa puissance. Choisissant le chemin de la frénésie, le groupe de Karl Sanders arrive à un point d’intensité rare. Imposant dès les premières secondes une atmosphère mortuaire et mystique, Nile met en résonance la barbarie des temps anciens et le glas de souffles morbides et asséchés.
Oui, ce que Nile expose c’est un univers desséché et flétrie, un passé révolu qui vous remue telle une entité vaporeuse vous fouettant le visage dans une bourrasque.
Au moyen de textes aux références appuyées (Vous connaissez Nectanabus ? Non ?!) où se mélangent philosophie orientale, Lovecraft et d’écrits inconnus des anciennes dynasties poussées par une sonorité percutante et infaillible le groupe instaure irrémédiablement une atmosphère atemporelle, une violence bizarrement métaphorique alambiquée sous une frénésie implacable.
Aidé par des accents subtils : chants tibétains (les non utilisés du premier album), percussions libanaises et instruments à cordes orientales (Argoul), Nile ne se perd pas en démonstration facile, mais gagne au contraire en émanation macabre ("Libation unto the Shades Who Lurk in the Shadows of the Temple of Anhur", on respire). Cependant, l’impact le plus caractéristique se situe sur l’enchaînement magnifiquement lugubre "To Dream of Ur", crépusculaire, suivi de "The Nameless City of the Accursed" et "Khetti Satha Shemsu", invocatoires.
Véritable coup de maître, "Black Seeds of Vengeance" est un album comme il en existe de temps en temps. Et je tiens à préciser que cet album est l’un des plus sépulcral qu’il m’ait été donné d’entendre.
2005-05-30
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