eulmatt : 15/20 | Les débuts de Death Angel constituent une de ces histoires typiques du metal, dont sa légende se nourrit largement. Ce groupe se targue en effet d’être un enfant du thrash metal, de ces jeunes préadolescents américains qui se sont jetés corps et âme dans cette vague dévastatrice amorcée en 1983. Etant originaires de la fameuse Bay Area, ces gamins se lancent rapidement dans l’aventure du thrash, et sont repérés par Kirk Hammett en personne, qui produit ni plus ni moins que leur première démo en 1986. Cet évènement suffisant alors largement à se faire une réputation dans l’effervescence du milieu, nos jeunes amis peuvent donc sortir leur premier album dès 1987, au titre fleurant bon le cliché, Ul...-Violence. Pour en finir avec l’histoire et la légende, il est à noter que le batteur n’est alors âgé que de 14 ans.
A l’écoute du morceau initial, Thrashers, qui figurait déjà sur leur démo (comme Kill As One), il est évident que nos jeunes gens sont imprégnés jusqu’au bout des ongles du Metallica des débuts. La référence est telle que l’on pourrait croire le morceau sorti tout droit de Kill’em All (Metal Militia...), n’étaient-ce des vocaux plus affirmés, ce riff un poil plus alambiqué, et surtout cette accélération marquée au milieu d’un morceau qui ressemble décidément à une démonstration de savoir-faire.
L’ombre des grands frères ne plane pas bien longtemps, de manière aussi caricaturale du moins, car Ul...-Violence se révèle tout de même bien plus affirmé que ce plagiat initial.
Death Angel déploie un enthousiasme et une hargne rafraîchissants, au travers de son thrash metal très technique, qui cherche d’abord à démontrer sa force de frappe. Son côté « catchy » et énergique prend superbement corps dans des riffs très léchés, s’imbriquant les uns dans les autres avec beaucoup de pertinence. Les jeunes Californiens s’épanouissent dans les constructions à tiroirs, n’hésitant pas quand il le faut à flirter avec une approche progressive mettant en valeur leurs évidentes capacités techniques, comme sur Voracious Souls par exemple.
Le titre le plus symptomatique de l’album s’avère sans doute être le baroque Ul...-Violence, véritable orgie de guitares syncopées et furieuses, de soli ravageurs et de démonstration instrumentale y compris au niveau de la rythmique, où basse et double pédale se répondent avec frénésie. A la fois témoignage de l’immaturité de Death Angel et de son insouciance bon enfant, ce morceau instrumental de plus de dix minutes, s’assimile presque à celle d’un bœuf de fond de garage en fin de répétition ! Fait d’abord pour en mettre plein la vue, il atteint son but malgré tout.
Sans retenir cette seule exubérance, l’album comporte tout de même quelques passes d’armes qui font honneur au thrash, je pense par exemple à Evil Priest ou Mistress Of Pain, des hymnes enclins à soulever l’enthousiasme des plus blasés.
Fidèle héritier de Metallica et d’Exodus dans son approche technique et la teneur de ses compositions, sans toutefois en revêtir le côté sombre et grandiose, l’enthousiaste Death Angel signe là un des disques majeurs de l’école de la Bay Area, comme une démonstration passionnée de sa dévotion envers ce mouvement musical qui atteint son apogée, le thrash metal.
2008-01-08
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