Fabien : 11/20 | Trois années après la sortie de l’honorable Serpents of the Light, soutenant toutefois laborieusement la comparaison avec ses glorieux ainés, les brutes de Deicide réinvestissent les Morrisound Studios en compagnie de Jim Morris, pour les sessions de leur cinquième méfait. Baptisé Insineratehymn (comprenez Incinerate Him), et assorti d’un logo reprenant habilement le nombre fatidique du Malin, le disque sort en juin 2000 sous la coupe du label Roadrunner Records qui, à la fin des eighties, avait proposé à Deicide et Obituary, un contrat incroyable couvrant sept réalisations.
Dès son premier titre Bible Basher, Insineratehymn ne surprend pas, balançant un death brutal dans la veine des premiers efforts du quatuor floridien, sur une production classique de Jim Morris. A l'image du bon Standing In The Flames, les rythmiques compactes d’Asheim, et les riffs & soli rapides des frères Hoffmann, se mettent ainsi au service du guttural unique Benton, qui éructe ses paroles sataniques habituelles, sur un ton toujours aussi provocateur.
Mais, bien qu’Insineratehymn rappelle le death de l’inattaquable Legion, il ne possède hélas ni son intensité, ni son ambiance démoniaque. Le sentiment de lassitude s’installe très vite au fil de son écoute, comme sur le fade Forever Hate You, poussif et sans profondeur. Ses trente minutes défilent ainsi sans hargne et relief particuliers, laissant au final le goût désagréable d’une galette réchauffée, manquant malheureusement de saveur.
Alors que plusieurs ténors du death métal, à l’instar d’Immolation ou Morbid Angel, passent brillamment le cap de l’an 2000, avec des Close To A World Below et autres Gateways To Annihilation particulièrement puissants, Deicide revient quant à lui avec un cinquième effort sans grande inspiration, perdant progressivement son envergure au fil des années. A ce jour, Insineratehymn représente en effet le disque le moins ambitieux de sa carrière, n’intéressant que les irréductibles deathsters espérant le retour du grand Deicide qui, malgré son manque d’inspiration à cette époque, possède toujours ce potentiel perceptible et ce charisme étonnant.
Fabien. 2008-04-02
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