OPETH
BLACKWATER PARK (CD)
2001 chez Music For Nations


DISC 1

1. The Leper Affinity 10.23
2. Bleak 9.16
3. Harvest 6.01
4. The Drapery Falls 10.54
5. Dirge for November 7.54
6. The Funeral Portrait 8.45
7. Patterns in the Ivy 1.52
8. Blackwater Park 12.08

DISC 2 (CD Bonus Re-Release 2002)

1. Still Day Beneath the Sun 4.34
2. Patterns in the Ivy II 4.12
3. Harvest (Video-footage)

Total playing time : 75.59


Hellsheimer : 18/20
Opeth fait partie de ces groupes difficilement "classables" dans une catégorie bien particulière. Et ce n'est pas "Blackwater Park" qui va nous aider dans cette tâche difficile.

Ce type d'album ne se digère pas dès la première écoute, tant il est varié et complexe… et c'est tant mieux pour l'auditeur qui, comme moi, a du mal à supporter le nombre croissant d'albums avec le même son aseptisé.
Progressif est surement l'un des premiers adjectifs qui nous vient à l'esprit dans le sens où la musique subit tant de changements que cela en devient insolent.

Cet album dérive (sans sourciller) du Heavy au Metal prog nordique à la Enslaved ou Arcturus, se ballade allègrement sur les terres d'Anathema avec ses moments éthérés, se vautre avec bonheur dans le Dream Theater avec de longs passages instrumentaux.

On attaque tout de suite très fort avec un fabuleux "The Lepper Affinity", de plus de 9 minutes, et ses différentes ambiances, ses parties techniques (que Dream Theater - encore - aurait pu inclure dans ses albums) et ses moments acoustiques. Ces mêmes moments qui, d'ailleurs, sont réguliers tout au long de ce "Blackwater Park" (comme le titre "Harvest" ou une grande partie des intros), et l'apport de quelques notes de piano renforce les ambiances mélancoliques et sombres de cet opus (la fin de "The Lepper Affinity", qu'Antimatter ne renierait pas par exemple… ou encore "Patterns in the Ivy").

La voix de Mikael Åkerfeldt colle d'ailleurs parfaitement aux multiples changements de structure de cet album. Résolument Death la plupart du temps, elle devient claire sur les passages acoustiques (voire aérienne sur certains autres). On voit ici que l'on a pas affaire à une bande de bras cassés et chaque musicien tient son rôle avec une maestria sans faille, la technique servant ici les titres et non pas l'inverse.

"Bleak" voit Opeth s'attaquer à des rythmes plus lourds en début de morceau mais retourne vite vers des choses plus alambiquées (comme il sait si bien le faire).
"The Drapery Falls" calme quelque peu le jeu au début avec une voix légèrement trafiquée et assourdie mais finit en trombe.
"Dirge for November" va crescendo, de l'acoustique au Metal Progressif, pour finir presque aussi calmement qu'il a commencé.
Et que dire du morceau final, titre éponyme de l'album… sinon, tout simplement qu'il synthétise parfaitement tout ce qui a été dit précédement.

Opeth prouve avec cet opus qu'il est possible de passer outre le carcan d'un style particulier et que morceau long ne rime pas spécialement avec remplissage et chiantise !

2008-09-28