DEATHSPELL OMEGA
KéNôSE (CD)
2005 chez Norma Evangelium Diaboli


I. "Everything, except GOD, has in it some measure of privation, thus all individuals may be graded according to the degree to which they are infected with mere potentiality."

II. "Therefore, GOD honours the sword so highly that He calls it His own ordinance, and will not have men say or imagine that they have invented or institued it."

III. "The stillness of Contemplation is allowed in billions of woeful cries, so astonishingly simultaneous and in unison, each and every second, they defuse each other in such a perfect manner, equalling the most inscrutable of all silences."


Black_Requiem : 19/20
Kénôse. Un nom si doux à l’oreille mais qui cache là une des œuvres les plus malsaines de cette année 2005, offrande noire, produite à nouveau par le label Norma Evangelium Diaboli, que l’on doit au très talentueux groupe français Deathspell Omega qui succède à Infernal Battle et au magnifique Si Monumentum Requires, Circumspice.

Une fois n’est pas coutume, le livret ne contient aucune information ni sur le nom des musiciens, ni sur le lieu d’enregistrement de l’album. La musique prime sur tout le reste, elle se savoure grâce à la lecture si intéressante et captivante du livret, contenant de superbes images indescriptibles et des textes puisant leur source dans les textes du christianisme, de l’évangile. Je ne serais d’ailleurs pas surpris que la réflexion sur le christianisme soit le résultat d’études en théologie ou d’une grande volonté de connaissance (ne dit-on pas que l’on critique mieux ce que l’on connaît ?).

En tout cas, un peu plus d’un an après la sortie de Si Monumentum Requires, Circumspice, Deathspell Omega enfonce à nouveau le(s) clou(s) dans les lambeaux meurtris du Christ avec cette œuvre mêlant rythmes cassés, ambiances troubles et nauséabondes, un son agressif et glacial, passages musicaux dissonants et j’en passe. Composée seulement de trois morceaux mais pour une durée de 37 minutes (le groupe se trouve vraiment à a frontière entre le mini Cd et le Cd à part entière), Deathspell Omega exécute son entrée en la matière avec une intro de 5 minutes dont seul le groupe a le secret pour ne pas les voir passer. S’en suivent une trentaine de minutes paralysantes, terribles et si jouissives. Attention, la complexité du mélange entre la musique et les textes de Deathspell Omega est déroutante (rien à voir avec Si Monumentum Requires, Circumspice) et plonger dans cette œuvre est difficile, alors si vous n’y arrivez pas du premier coup, c’est tout à fait normal.

Cocorico ! Deathspell Omega porte là encore fièrement l’étendard bleu, blanc et rouge d’un Black Metal cru, froid, malsain, et tellement trouble, imposant sa suprématie comme groupe phare de la scène (enfin, si l’on peut dire, car le groupe ne s’est pas, si je ne me trompe point, produit sur scène) Black mondiale. Vous avez dit Kénôse ?

2005-08-01