Fabien : 12/20 | 1989. Véritable passerelle entre le hardcore grind britannique de Doom & Napalm Death et le deathmetal US de Master & Nausea, World Downfall se hisse immédiatement parmi les œuvres incontournables de la fin des eighties, propulsant directement Terrorizer parmi les formations death grind cultes, malgré l’enregistrement de son album à titre posthume.
2005. Pete Sandoval et Jesse Pintado décident de ressusciter le groupe légendaire, écrivant ensemble quelques nouveaux titres, et annonçant dans la foulée leur signature avec la puissante écurie Century Media, en tout début d’année suivante. Sans l’aide d’Oscar Garcia, Alfred Estrada et David Vincent, le duo s’épaule cette fois de Tony Norman, guitariste live de Morbid Angel, et d’Anthony Rezhawk, actif au sein de la scène grindcore dès la seconde partie des années 80, notamment au sein de son groupe Resistant Culture. La bande rejoint alors Juan Gonzales pour les sessions de Darker Days Ahead, son second album commercialisé en été 2006.
Sans compter son intro et son outro largement dispensables, Darker Days Ahead se compose de 10 titres, dont une moitié reprenant des vieux morceaux de 1987, réenregistrés pour l’occasion, à l’image de Crematorium, Fallout, Mayhem et Nightmare, ou encore de Dead Shall Rise, qui figure quant à lui sur le cultissime World Downfall. Enfin, les nouvelles compositions s’intègrent relativement bien à l’ancien répertoire, à l’instar des nerveux Darker Days Ahead & Blind Army.
Terrorizer conserve ainsi le ton de l’époque, bénéficiant d’une production rugueuse de Juan Gonzales et des terribles rythmiques de Pete, d’une technique et d’une dextérité toujours aussi désarmantes, soutenant le jeu précis & entraînant de Jesse & Tony. Les vocaux d’Anthony, sur des paroles doucement revendicatrices, restent quant à eux malheureusement bien fades, en regard des growls furieux du charismatique Oscar Garcia.
D’une qualité intrinsèque honorable, Darker Days Ahead présente surtout l’intérêt de la résurgence d’anciens titres, couplés à de nouvelles compositions, certes sympathiques mais également sans prétention. En effet, le retour de Terrorizer après 17 années d’inactivité se solde inévitablement par un death grind réchauffé, désormais daté et sans saveur, anéantissant cruellement le mythe Terrorizer, dénué de la fougue et de l'avant-gardisme de ses débuts. Tel un véritable coup du sort, l’album représente parallèlement le testament de Jesse Pintado, emporté par une crise diabétique le 27 août 2006, seulement quatre jours après la commercialisation du disque.
RIP Jesse. Fabien. 2008-01-28
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