Arawn : 16/20 | Comme le laisse supposer le départ direct en grind, Imperial Doom, le premier album de Monstrosity se classe dans la catégorie du death brutal classique américain dans le style de Cannibal Corpse. Cette comparaison n'est pas totalement innocente car le chanteur n'est ici nul autre que le bien connu George "Corpsegrinder" Fisher ce qui est déjà une bonne référence.
Toutefois si le style reste classique et ne déroge pas aux grandes règles, Monstrosity n'est pas pour autant un groupe sans attrait car ce style, il le maîtrise largement. Comme le montre "Imperial Doom" ou "Burden Of Evil", Monstrosity ne craint pas d'utiliser le grind mais ne l'emploie qu'avec parcimonie et le rythme de croisière est plutôt speed. De même, notamment au début d'"Horror Infinity" ou au coeur de "Ceremonial Void", le groupe emploie efficacement de redoutables passages mi tempo durant lesquels il est bien dur de ne pas se laisser embarquer.
Ceci ajouté au côté très structuré des chansons avec des couplets et des refrains, aisémment reconnaissables tant par la musique que par les paroles que Corpsegrinder articule de façon très agréable, évite à Imperial Doom ce côté abrutissant qu'on peut retrouver dans certains groupes de death brutal. Que cela soit sur "Horror Infinity" ou "Final Cremation" entre autre, on voit également bien vite que Monstrosity maîtrise la science du riff accrocheur que l'on retient dès la première écoute et qui fait que les chansons se suivent mais sans que l'on ait l'impression de toujours écouter la même. On trouvera aussi sur Imperial Doom de bons soli bien puissant placés à point nommé et qui jouent bien leur rôle soit de coupure comme dans "Ceremonial Void", soit de fin de montée de violence comme dans "Definitive Inquisition" et qui peuvent être soit plutôt mélodique, soit franchement cataclysmique à la morbid Angel. On notera de plus la grande présence de la basse de Mark Van Erp qui est loin de faire de la figuration.
En conclusion, même si Monstrosity ne révolutionne pas le death brutal de Floride, ce premier album mérite largement que l'on s'y attarde car c'est une référence du style.
2005-05-02
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