sargeist : 5/20 | Tiens? Voilà que Amon Amarth nous ressort à peine deux ans après le mou du genou "Fate of Norns", ce "With Oden On Your Side". Ayant quelque argent à claquer dans le vide, et un peu attiré par la pochette sobre et classieuse, j'ai investi dans ce disque sans trop me faire d'illusion. En effet, ce groupe péréclite à mon humble avis depuis son deuxième album, n'ayant rien à proposer à la hauteur du génial "Once Sent from the Golden Hall".
Et dans ce sens, je peux dire que je n'ai pas été surpris. Précisons les choses tout de suite: je ne suis pas un fana des concepts qu'on nomment "évolutions" pour des groupes. Mais il y a un fossé abyssal entre ne "pas évoluer" et "faire toujours le même disque médiocre". Car oui, c'est avant tout de médiocrité dont il s'agit ici.
Commencons par la production. On dirait que je n'ai pas écouté le même disque que certains. Jamais entendu aussi faiblard. Une production digne des années 80. Tout est plat, égal, aucun instrument ne se démarque, et il faut pousser le volume pour avoir un minimum de puissance. Indigne de leur style qui se veut "powerful". Mais là je dois bien avouer que je finaude. Ce qui est abusif par contre, c'est ce son qui déraille au sens propre à partir de la plage 6, c'est à dire du titre éponyme, qui continue sur la plage suivante avant de s'améliorer un tant soi peu sur les deux derniers morceaux. On dirait qu'on écoute un 33 tours qui perd quelques tours par intermittence. Un effet de style? J'y crois peu. Mal vu en tout cas. Pas très agréable pour les oreilles par contre.
Passons à la musique proprement dite. Soyons direct: rien de mieux qui n'a déjà été entendu sur les médiocres "The Avenger" ou "The Crusher". Je ne me prononcerais pas par rapport à "Versus the World" qui est le seul que je n'ai jamais écouté. Paraitrait il que c'est le meilleur. Au vu du peu d'exigeance de certains, je me méfie. Les compos sont d'une platitude extrême. Hormis la basse dont je n'ai rien à dire puisque qu'elle est inexistante, j'ai rarement entendu des riffs de guitares aussi peu inspirés. Tellement peu qu'elles en arrivent le plus souvent à se calquer sur le rythme de la batterie, ce qui est à la base le travail de la basse, du moins d'un bassiste peu affirmé. Chiant à mourir. Ce pauvre Fredrik Andersson doit s'ennuyer à rythmer ce genre de morceaux indigestes, vu le talent qu'on lui a connu dans Marduk. Il s'agit de toute manière toujours du même tempo. Quand à Johan Hegg, il est devenu d'un prévisible. Les structures des morceaux sont d'ailleurs si fades qu'on arrive presque à anticiper son chant. Le gros couplet avec la grosse voix grave, le pont plus mélodique avec la voix hurlé limite Black, et le refrain scandé avec plusieurs couches de voix. Très peu imaginatif. Je dois avouer tout de même qu'il m'a un peu surpris sur certains passages, allant chercher très loin une voix bien gutturale qu'il n'avait jamais exploré sur les opus précédents. Mais cela est nettement insuffisant.
D'ailleurs, pour ne pas paraitre abusif, je dois bien avouer qu'il y a certaines choses nouvelles dans ce disque. En effet, les solis sont particulièrement léchés, mais à mon gout complètement soporifiques. Le morceau 8 contient un bon passage harmonique qui titille légèrement l'oreille, mais entendu mille fois chez n'importe qui. Sans personnalité je trouve. Indigne d'un groupe de cette stature commerciale. Mais après s'être tapé 30 minutes d'auto pompe intégrale, cela est bien peu.
L'histoire d'un groupe à bout de souffle à mon sens. Quand au souffle épique ou viking, on repassera. A propos du cd bonus sur la version digipack, rien de spécial à se mettre sous la dent. Deux lives, deux pré prods et deux vieux morceaux versions démos pour un total de 25 mn. Qui auraient pu largement être casé sur le cd de l'album qui fait 42 mn. Merci Metal Blade. Bien pauvre tout cela.
Ce n'est point de gaité de coeur que je descend cet album, surtout quand on connait l'amour que j'ai pour le magnifique premier opus. Cela donnera peut être des idées à certains, vu qu'on semble toujours chroniquer les disques qu'on aime ici. Mais le sentiment de m'être fait enfler a pris le dessus. Evidemment que pour énormément de choses, ma chronique est totalement subjective, surtout pour le côté artistique. Mais objectivement, je trouve que certains aspects sont impardonnables.
Mais je ne me fait point de soucis pour Amon Amarth. La vague très tendance du viking/ pagan qui ravi nos jeunes métalleux en ce moment leur permettra certainement d'en vendre plein. Surtout si on n'est pas regardant sur la qualité. Et puis l'artwork attire l'oeil. La preuve, je me suis laissé tenté. Bien pauvre de moi.
Cet achat m'aura au moins permis d'ouvrir encore plus les yeux sur ce groupe. Quand à mon exemplaire, il a déjà trouvé preneur sur un célèbre site de vente aux enchères. A perte, pour le prix que je le vend. Le prix qu'il vaut.
5/20.
2006-10-18
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