DeadlyNightShade : 13/20 | Pour bien comprendre ce pourquoi les détracteurs principaux de Cradle Of Filth assaillent cet album de reproches, il faut remonter aux Etats Unis. En cette contrée, influencé par le punk hardcore et le metal nait un sous genre du metal : le metalcore. Ce genre se caractérise par un retour aux sources du heavy metal avec une musique plus violente, "hardcore". Le chant clair est donc de mise. Ce chant clair est haï par les métalleux extrêmes qui crachent ainsi sur tout les groupes qui manient ce type de chant.
Avec l'affluence de groupes en carton tel que Avenged Sevenfold, le mouvement metalcore devient très populaire et donc inéluctablement défini comme commercial par les aficionados du black metal. Genre crasseux qui se définit par une prod minimaliste et donc bien loin d'Avenged Sevenfold.
Or, nos bons vieux Cradle Of Filth aprés avoir fait headbanguer nos bons vieux aficionados du black avec ses premiers opus, a décidé de ne pas faire comme Motörhead, ACDC ou The Ramones en sortant 30 fois le même album et décide donc de se remettre en question en temps qu'artiste, démarche tout a fait justifiable, en ralentissant le tempo et en intégrant du chant clair.
Cet album (ainsi que Nymphetamine et Damnation and a Day pour certains) fait donc rugir les black metallheads. Normal, Cradle a changé sa formule et décide de clarifier son son et conquérir un public plus à même d'apprécier une version plus raffinée et claire du style black metal et qui sait, peut-être un jour, ces jeunes gens nouvellement conquis écouteront Burzum.
Maintenant que les choses sont claires, faisons un petit tour de l'album :
Il commence, comme tout album de Cradle, par une intro instrumentale et orchestrale qui débouche sur un titre plus doux qu'à l'origine, première chose surprenante.
Nous avons bien sûr droit à des vocaux plus softs, comme je l'ai évoqué précédemment mais les hurlements suraigus du chanteur Dani sont toujours bien là.
En ce qui concerne les guitares, elles sont plus mélodiques (Cemetery and Sundown, The Foetus of a New Day Kicking...) qu'à l'accoutumée.
Les orchestrations se font plus nombreuses que sur certains prédécesseurs (Damnation and a Day, album axé sur les orchestrations, est banni de ce lot), ainsi que des passages au piano (Lovesick for Mina). L'album recèle même une dernière surprise, une reprise d'un groupe de new wave, Heaven 17 : Temptation. Un titre particulier qui laisse la part du lion à Sarah Jezebel Deva au chant.
Donc, dans ce Thornography, nous avons des hauts et des bas, du bon et du moins bon (voire du mauvais). Loin de moi l'idée de dire que cet album est le meilleur de la discographie des anglais. Je veut juste qu'il ne soit pas la victime de toutes les critiques par des accusation faussées sur une prétendue commercialité. C'est un album difficile à appréhender mais je pense qu'il mérite que l'on s'y penche. 2008-11-23
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