STONE SOUR
COME WHAT(EVER) MAY (CD)
2006 chez Roadrunner Records


Réédité en 2007 en édition spéciale contenant le CD avec 6 bonus tracks et un DVD


1. 30/30-150
2. Come What(ever) May
3. Hell & Consequences
4. Sillyworld
5. Made Of Scars
6. Reborn
7. Your God
8. Through Glass
9. Socio
10. 1st Person
11. Cardiff
12. Zzyxz Road


Bonus édition spéciale 2007

13. Suffer
14. Fruitcake
15. Day I Let Go
16. Freeze Dry Seal
17. Wicked Game
18. Frozen

DVD édition spéciale

1. 30/30-150 (Live)
2. Orchids (Live)
3. Take a Number(Live)
4. Reborn(Live)
5. Your God(Live)
6. Inhale(Live)
7. Come What(ever) May (Live)
8. Bother (Live)
9. Through Glass(Live)
10. Blotter(Live)
11. Hell & Consequences(Live]
12. Get Inside(Live)
13. 30/30-150 (clip)
14. Through Glass (clip)
15. Sillyworld (clip)
16. Made of Scars (clip)


Eternalis : 7/20
Stone Sour ! Ah notre dévoué Corey Taylor, après s’être déchiré les tripes sur trois opus de Slipknot (dont le catastrophique "Vol 3" d’un point de vue vocal), le vocaliste avait décidé de prendre un peu d‘air grâce à son autre projet Stone Sour, groupe de…hem, comment dire, de core mélodique calibré pour les foules. Oui, je vais inventer cette nouvelle étiquette, « pour les putains de foules ».

Car si Corey gardait néanmoins le rôle du taré de service chez le groupe des neuf (notamment sur l’album éponyme), ici, nous n’avons à faire qu’à une soupe immonde de riffs catchy sans intérêts et saturés qui ne servent qu’à mettre en place des refrains certes accrocheurs mais si désuet qu’ils retombent aussi vite qu’ils n’arrivent.
Mais si la musique est aussi pauvre et mortellement chiante qu’une borne d’arrêt d’urgence (retenez le terme mortel !), le chant de Corey (très largement mis en valeur dans le mix) est souvent d’une banalité affligeante, multipliant les yeah ridicules ou les mélodies pseudo chialantes mais sans réussir ne serrais-ce qu’un instant à nous émouvoir ("Sillyworld"). Le public adolescent et emo est clairement visé, et si cela ne sous surprendra qu’à peine, son manque réel de talent sur ce disque est un autre problème.

Le presque hip hop et soporifique "Made Of Scars" s’affiche comme le summum de ce que Corey aura fait de pire dans sa carrière, autant vocalement que musicalement. Un riff se partageant les infrabasses (vous savez, ce truc sympa qui consiste à le faire passer un coup dans l’oreillette gauche, un coup dans l’oreillette droite !) et c’est tout, une batterie se limitant au schéma pédale-caisse claire, une tentative pitoyable de solo ( ?) et un chant exécrable, de plus blindé d’effets et souffrant d’un manque de naturel et de ressenti effrayant.

Je ne vais pas sans dire que, même si je ne m’attendais pas à grand-chose, je n’aurais imaginé que Taylor nous délivre un album aussi insipide, dans lequel seul "Reborn" et "Hell & Consequences" arrivent à ce sortir de ce merdier dans lequel ils ont été fourrés sans qu’ils soient au courant de rien.
"Reborn" voit déjà le retour d’un chant hurlé plus naturel, plus proche de Slipknot sur le refrain et c’est déjà en soit une réussite et un soulagement. Et même si les couplets laissent la place à un clair mielleux et taillés pour les donzelles, les hurlements à répétitions de Reborn ainsi que ses riffs un peu plus couillus nous feraient presque passer un agréable moment.
Quand à "Hell & Consequences", c’est le riff plus lourd qui fait plaisir, accompagné d’une double pédale et de vocaux d’outres tombes et trafiqués (dans le bon sens du terme cette fois) mais malheureusement toujours mélés à cette voix claire niaise au possible ne possédant pas un gramme de naturel ni d’émotion.

En parlant d’émotion, évoquons le cas de "Through Glass", à la mélodie de guitare pas plus travaillée que seul de "Vermillon pt II" (c'est-à-dire digne d’un gosse de quinze ans sur les marches de l’école !), accessible et facile, sans une once de subtilité et ressemblant à un brouillon raté du sublime "Snuff". Mais si le titre était resté acoustique…mais non, il se ridiculise en fm à la moitié du morceau en devenant aussi chantant qu’un hit de Julio Iglésias.
Alors certain me parleront d’une ouverture d’esprit, je préférais parler de sincérité, sincérité qui n’est évidemment pas présente ici, ni dans presque aucune des lignes de chant de ces titres, si aseptisées que l’on parvient à se demander si c’est bien lui en studio à la vue du résultat live. Mais ceci est une autre histoire…

2009-03-25