MyLordAngus : 15/20 | Toute légende a un commencement. Il en va de même pour les chroniques d’Algalord, le mythe fantastique écrit par Luca Turilli. Mais plutôt que d’en faire une banale histoire, celui-ci décide de la mettre en musique. "Legendary Tales" est donc le début de cette histoire, et présente la quête du chevalier des glaces, à la recherche de l’épée d’émeraude. On rencontre pour la première fois Akron le seigneur noir, la princesse Airin, ou la cité d’Elnor,…
Ainsi se créé le groupe de italien. D’abord nommé Thundercross où on trouvait déjà Luca Turilli, Alex Staropoli et Daniele Carbonera, le groupe sort sa première démo cassette, "Land Of Immortals". Le groupe devient Rhapsody et sort sa deuxième démo, "Eternal Glory", qui fait connaitre le groupe. Le chanteur du moment Cristiano Adacher quitte le groupe, et Fabio Lione, de Labyrinth, le remplace. Rhapsody décroche alors son contrat avec Limb Music et se prépare à sortir "Legendary Tales" en 1997. A cette époque, le heavy n’a plus le vent en poupe, remplacé par le grunge, puis le néo metal, bien plus rentable pour les maisons de disques. Deux solutions alors pour ces groupes. Maquiller sa musique derrière un aspect plus moderne, plus aguicheur, moins risible. Ou s’assumer à fond. Et à en juger par la pochette qui représente un chevalier face à un dragon, les italiens ont choisi la deuxième option. On ouvre le livret, et on découvre les membres dans des décors moyenâgeux. Alors là on pourrait abandonner tout, ne même pas écouter le disque, car on peut légitimement s’attendre au pire. Et pourtant…
Après une intro où l’on peut entendre les premiers chœurs, la chanson "Warrior Of Ice", du nom du héros des aventures. La musique du groupe distille immédiatement son coté séduisant, grâce à l’aspect médiéval qui prend alors tout son sens, avec une production qui met en valeur les arrangements baroques. Il faut dire que celle-ci est gérée par Sascha Paeth, qui s’est notamment occupé du "Holy Land" d’Angra. Ainsi, les cordes sont très présents, on trouve carrément des breaks de violons en plein morceau speed. Pour les orchestrations, c’est Alex Staropoli qui s’en charge. Des pianos et clavecins sobres, aux instrumentations enjouées, il gère tout ça parfaitement, et se permet même quelques interventions pour des solos de claviers. Malgré tout, le côté heavy metal est clairement affiché, comme le démontre "Lord Of The Thunder", même si la production manque parfois quelque peu de puissance.
Le génie guitaristique Luca Turilli éclate sur cet album. Son jeu néo classique est très influencé par le maitre du genre Yngwie Malmsteen. S’il abuse parfois du tremolo picking sur les couplets, il n’est pas avare de techniques en solos, du legato au sweeping, comme sur "Flames Of Revenge". Par contre, la batterie de Daniele Carbonera n’est pas toujours très variée, disposant d’un jeu trop typé speed. Quant à la basse, c’est Sascha Paeth, encore lui, qui s’en est occupée (en plus des guitares acoustiques et des mandolines) pour pallier l’absence d’un bassiste. Cependant, elle se contente trop de suivre les mélodies, même si elle résonne plutôt bien, surtout derrière les solos de Luca Turilli. Enfin, le chant de Fabio Lione est vraiment magique. Son doux accent italien donne un timbre anglais léger, qui s’accorde à merveille avec les délires orchestraux du groupe, tout en gardant une vraie puissance. Les paroles, détaillées dans le beau livret, servent de mise en place à l’histoire.
Côté composition, le bilan est bon. Le titres power sont très « made in Helloween », tout en intégrant le côté médiéval et symphonique. Que ce soit sur le refrain de "Rage Of The Winter", ou l’aérien "Land Of Immortals", on ne s’ennuie jamais, grâce à une utilisation intelligente des breaks symphoniques et des solos. Malheureusement, on compte trop peu de vrais morceaux. En plus de l’intro, on dispose d’une interlude acoustico-médiéval aux touches folkloriques sur "Forest Of Unicorns", puis d’un second intermède sur "Echoes Of Tragedy", qui dispose de chœurs guerriers dévastateurs. "In Skies" est une compo instrumentale d’une minute vingt secondes, prélude au morceau suivant. Si ces morceaux sont réussis et prenants grâce à leur mélodie, ils réduisent le nombre de vraies compos, et les quarante cinq minutes du disque passent trop vite. Enfin, en conclusion, on a le titre éponyme, de plus de sept minutes. Ce morceau, mélange entre parties douces et grandes envolées lyriques, dispose d’une mélopée qui résonne dans la tête après l’arrêt du disque.
En résumé, "Legendary Tales" est un bon premier album. 15/20, le concept médiéval donne un caractère unique à la musique. Les orchestrations grandiloquentes résonnent somptueusement, grâce au bon travail d’Alexandre Staropoli et à la production claire. Rajoutez en plus les performances très réussies de Luca Turilli et Fabio Lione. Malheureusement, j’aurais aimé un ou deux titres supplémentaires, et une batterie et une basse plus innovante.
Mais l’ambiance moyenâgeuse est tellement bien retranscrite que je conseille cet album à tout amateur de metal speed-symphonique ou pour plonger dans l’univers de Rhapsody. 2008-10-13
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