BEERGRINDER : 16/20 | Après Legendary Tales qui a lancé la carrière des italiens, ils se devaient de confirmer les espoirs placés en eux, ce qui est parfois difficile après un premier album qui sans être phénoménale avait surpris pas mal de monde. Le pari est largement réussi avec Symphony Of Enchanted Lands (1998).
Par rapport à Legendary Tales les transalpins ont gagné en maturité et ce aussi bien au niveau émotionnel avec les atmosphères qu’au niveau du sens de la composition avec des titres plus incisifs et mieux construits.
Epicus Furor donne en tout cas dans une intro au clavier qui sonne très BO de film (Hollywood Metal diront certains plus tard pour qualifier le style) et constitue une bonne rampe de lancement à Emerald Sword, morceau de Speed Metal à la double grosse caisse omniprésente soutenu par du synthé. La voix de Fabio Leone y est claire, puissante et bien soutenue par les chœurs, mais un peu trop caricaturale par moment à trop vouloir jouer sur le côté tragique et les trémolos, cependant on ne peut leur reprocher le fait de jouer le concept à fond avec les moments de guerres, de gloire et de tristesse liés à l’histoire. Wisdom Of The Kings, l’un des singles de l’album est sensiblement dans la même veine.
Sur le court Heroes Of The Lost Valley on constatera quelques gimmicks un peu clichés comme cette flûte à la Johan et Pirlouit, ces samples de chevaux, et une narration limite (il n’avait pas encore les moyens de se payer Chistopher Lee). Mais ce petit côté un peu niais est paradoxalement un des facteurs pour lesquels on aime Rhapsody et cette intermède est suivi par une pièce maîtresse de l’album Eternal Glory, sur laquelle le souffle épique est omniprésent au niveau du chant, des riffs, et bien sur des inévitables orchestrations tout au long des 7 : 30 du titre, y compris les soli cristallins de Luca Turilli.
Beyond The Gates Of Abyss enchaîne sur les mêmes bases dynamiques et variés, distillant son Speed Metal Epique très inspiré avec quelques passages progressifs du meilleur effet et toujours de nombreuses parties de double grosse caisse.
On retrouve sur Symphony Of Enchanted Lands, la traditionnelle balade sur laquelle on peut au choix : pleurer ou essayer d’emballer une nana. Pour autant sans valoir un Stairway To Heaven, Wings Of Destiny se laisse écouter agréablement : il est bon chanteur ce Fabio Leone même si il en fait parfois un peu trop. On a même droit à une intro à la Rondo Veneziano (les amateurs reconnaîtront) sur The Dark Tower Of Abyss qui est l’un des titres les plus marqué Metal-Opéra / Classique avec une étonnante partie centrale montrant le talent de compositeur des garçons, même si on constate une fois de plus que la narration n’est pas leur point fort.
On approche de la fin et Riding The Winds Of Eternity constitue pourtant juste un aimable apéritif de la trempe de Emerald Sword avant la chanson titre final : Symphony Of Enchanted Lands. On a droit une fois de plus à une petite narration naïve en guise d’introduction ,suivi d’une démonstration a capella de la puissance dégagé par le sieur Leone, les italiens ont poussé à fond leur concept et lâché tout leur arsenal sur les 13 : 18 de ce pavé ou certains riffs sont construits autour de l’intro d’album Epicus Furor. Une soprano féminine vient agrémenter le milieu de la chanson et on pense au chant des elfes dans le seigneur des anneaux.
Vous l’aurez compris, épique est ici le mot clef mais on peut y rajouter efficacité tant les compositions sont accrocheuses.
Voici donc au final et malgré quelques imperfections qui font aussi le charme de ce CD, l’un des meilleurs albums de désormais Rhapsody Of Fire au niveau de l’inspiration et surtout celui qui l’a exposé à la lumière, lancé définitivement sa carrière et aussi entraîné dans son sillage d’autres groupes reprenant ce genre de concept et de musique (leur confrères de Domine par exemple).
Si vos deux hobbies préférés c’est le Heavy-Metal et la chasse au dragon, alors prenez lance et heaume et jetez vous à l’assaut de Symphony Of Enchanted Lands (1998).
BG 2008-05-13
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