BEERGRINDER : 7/20 | Quand un groupe inconnu sort un mauvais album, ce n’est un problème pour personne, mais lorsqu’il s’agit de Gorefest c’est une autre paire de manches.
Après le superbe False, on était en droit de penser que le demi-raté Erase n’était qu’un accident de parcours et que les hollandais allaient se ressaisir sur ce Soul Survivor (1996). Et bien ceux qui s’attendaient à un bon album de Death Metal en ont été pour leur frais et on pouvait le deviner rien qu’à la pochette pourrie. (C’est vrai que j’ai été con cette fois-ci.)
Dès l’intro de Freedom on comprend que Soul Survivor n’est pas une galette de Death Metal : où sont les cris gutturaux de Jan-Chris de Koyer ? Où sont les rafales de double et accélérations d’Ed Warby ? Où sont les rythmiques mortelles de False ? Apparemment tous ces éléments sont partis chez leurs compatriotes de Sinister et Altar, qui sortent cette année-là le remarquable Ego Art.
Alors à quoi ressemble le Gorefest de 1996 ? Et bien à un groupe de Stoner… Oui vous avez bien entendu, la lourdeur des guitares est le seul élément reconnaissable de l’ancienne et glorieuse période du groupe, pour le reste l’inspiration musicale est devenue beaucoup plus Rock’n’Roll.
Comprenons nous bien : je n’ai rien contre le Stoner mais joué par Gorefest cela dépasse l’entendement, dans la tête d’un vieux (si, si, même si je ne fais pas mon âge) metalhead comme moi, c’est un peu comme si Cannibal Corpse embauchait Annie Lennox pour assurer le chant. Enfin bref, les soli mélodiques d’Electric Poet et les claviers très 70’s sont indisposants au plus haut point.
Certains morceaux sont acceptables comme River, Demonseed et Dogday, mais la déception d’avoir perdu un groupe de death (et d’avoir claqué 10 sacs pour ce machin) prédomine largement. Pour reprendre une célèbre expression Sommienne, ce Soul Survivor n’est pas tout à fait une « bouse », mais il ne correspondait plus au style de Gorefest.
Ils ont d’ailleurs du s’en rendre compte par la suite car avec La Muerte et Rise To Ruin, les hollandais sont revenus vers des choses plus brutales qu’ils maîtrisent beaucoup mieux.
Voilà donc un opus de brebis momentanément égarées d’où ce 7/20 peu glorieux. On ne va quand même pas tout accepter sous prétexte d’évolution musicale n’est-ce pas ?
BG 2008-03-24
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