Fabien : 13/20 | Pionnier du death métal néerlandais aux côtés de Pestilence, Thanatos et Sinister, Gorefest se forme en 1989 autour de Frank Harthoorn et Jan-Chris De Koeijer, dégageant des relents gores très marqués durant ses premières années, à l’image de son patronyme. Après deux démos, le groupe décroche alors un contrat avec la petite écurie Foundation 2000, qui parvient à convaincre le maître Colin Richardson (ingénieur du son de Carcass, Napalm Death, Bolt Thrower), de rejoindre la Hollande pour l’enregistrement du premier album de la formation, l’infâme Mindloss.
Avec sa pochette décalée, montrant l’injection directe de produits de grandes marques dans le cerveau d’un automate décapité et trépané, Mindloss ne passe pas aperçu à sa sortie. En plein dans le trip gore, Gorefest balance un death métal sans concession, à grands coups de rythmiques lourdes et de riffs brutaux, soutenant les grunts terriblement graves de Jan Chris, qui confèrent en grande partie la personnalité du groupe à l’époque.
Bénéficiant d’un son de grattes puissant, Mindloss enchaîne ainsi les bons titres, à l’image de Mental Misery et de ses accélérations redoutables, ou de Retarded Mind et de ses riffs écrasants. Au-delà, l’album ne se distingue pas de la masse des réalisations death métal du moment, reprenant les structures maintes fois entendus depuis Eternal False et Consuming Impulse (Morgoth, Pestilence).
Bien que très conventionnel, le death gore intraitable de Mindloss parvient à imposer Gorefest dans le paysage death métallique de 1991, notamment grâce au charisme de son chanteur, mais aussi à la réputation de son ingénieur du son. Ce premier album constitue ainsi une mise en bouche fort intéressante, montrant déjà tout le potentiel de la formation hollandaise, qui affirmera véritablement son identité sur l’intemporel False, avec ses accents groove délicieux et si particuliers.
Fabien. 2007-12-20
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