TRISTANIA
ASHES (CD)
2005 chez SPV


ORIGINAL TRACKLIST

1. Libre
2. Equilibrium
3. The Wretched
4. Cure
5. Circus
6. Shadowman
7. Endogenesis
8. Bird

TRACKLIST (LIMITED EDITION)

1. Libre
2. Equilibrium
3. The Wretched
4. Cure
5. Circus
6. Shadowman
7. The Gate
8. Endogenesis
9. Bird


Vrael : 19/20
Après ma déception quant à l'écoute de World of Glass, j'étais un peu dubitatif lorsqu'on m'a prêté Ashes. Je me demandais ce que ça allais donner... et puis finalement, à la fin de l'écoute, j'avais le sourire aux lèvres : de l'excellent travail que cet album.

D’accord, le groupe a changé de style. C’est souvent synonyme de quelque chose de mauvais : soucis de se vendre à un public plus large, ce qui se traduit par une déception de la part des fans. Or, là je n’y vois rien d’autre qu’une volonté de s’exprimer différemment, ou tout simplement un caprice. Peut-être aussi le désir de se démarquer du groupe Sirenia, dont le style musical est plus que proche à celui de Tristania. Ce qui est sûr, c’est que ça reste du gothique, malgré l’absence de chorale et d’orchestre. Mais au lieu de s’orienter vers du symphonique, Ashes est inscrit dans quelque chose de plutôt acoustique. Ça change de Widow’s Weeds et de Beyond the Veil, c’est clair, mais je ne pense pas que ça fasse tâche avec la discographie, puisque c’est très bien fait.

Ce qui fait que c’est aussi beau et agréable est le rendu impeccable de l’album : les accords sont souvent simples (anecdote : on a besoin que d’une corde pour jouer Shadowman) et l’ambiance sobre. Pourtant, ça ne donne pas l’impression d’être bâclé par flemme (ou manque de temps ?) comme avec World of Glass, au contraire. On sent tout le travail fourni pour créer les ambiances. De plus, ce n’est jamais trop violent ou trop mélancolique, c’est toujours dosé comme il faut.
L’autre petit truc qui fait l’excellence de Ashes, c’est le jeu des contrastes : « Libre » est un morceau violent et glauque, et lui succède « Equilibrium », nettement plus doux et clair. Ensuite vient « The Wretched », violent et glauque, etc. L’exemple de plus flagrant de ce que j’affirme réside dans « Endogenesis », un condensé de ces alternances. Ça nous donne une impression de chauds-froids surprenants, que je trouve bien agencé.
Mais la perfection n’existe malheureusement pas : il y a un petit truc qui fait tâche sur Ashes : dans le refrain de « The Wretched », les chants criés massacrent celui de Vibeke, que l'on n'entend qu'à ce moment dans la chanson, ce qui est regrettable.

Mis à part ça, j’espère ne choquer personne en qualifiant Ashes de chef-d’œuvre, même s’il est certes un peu dommage qu’il soit différent des albums précédents (on ne change pas une équipe qui gagne, comme dit l’adage). L'avantage est qu'il permet d'effacer le mauvais goût que World of Glass nous avait laissé sur la langue, et puis il nous offre la preuve que Tristania est un bon groupe : il peut jouer quelque chose de différent, tout en restant bon et accrocheur. Ça mérite bien un 19/20.

2009-04-04