Vrael : 16/20 | Je pense que personne ne m’en voudra, si je proclame avec le sourire Ashes comme l’album de Tristania que je préfère. Et puis je ne pense pas avoir exagéré ma note en mettant 19/20 : c’est vraiment de l’excellent travail que cet album.
D’accord, le groupe a changé de style. C’est souvent synonyme de quelque chose de mauvais : soucis de se vendre à un public plus large, ce qui se traduit par une déception de la part des fans. Or, là je n’y vois rien d’autre qu’une volonté de s’exprimer différemment, ou tout simplement un caprice. Peut-être aussi le désir de se démarquer du groupe Sirenia, dont le style musical est plus que proche à celui de Tristania. Ce qui est sûr, c’est que ça reste du gothic metal, malgré l’absence de chorale et d’orchestre. Mais au lieu de s’orienter vers du symphonic, Ashes est inscrit dans quelque chose de plutôt acoustique. Ca change de Widow’s Weeds et de Beyond the Veil, c’est clair, mais je ne pense pas que ça fasse tâche avec la discographie, puisque c’est très bien fait.
Ce qui fait que c’est aussi beau et agréable, c’est le rendu impeccable de l’album : les accords sont souvent simples (anecdote : on a besoin que d’une corde pour jouer Shadowman) et l’ambiance sobre. Pourtant, ça ne donne pas l’impression d’être bâclé par flemme (ou manque de temps ?) comme avec World of Glass, au contraire. On sent tout le travail fourni pour créer une ambiance. De plus, ce n’est jamais trop violent ou trop mélancolique, c’est toujours dosé comme il faut.
L’autre petit truc qui fait l’excellence de Ashes, c’est le jeu des contrastes : « Libre » est un morceau violent et glauque, et il succède à « Equilibrium », nettement plus doux et clair. Ensuite vient « The Wretched », violent et glauque, et vis versa. L’exemple de plus flagrant de ce que j’affirme réside dans « Endogenesis », un condensé de ces alternances. Ca nous donne une impression de chauds-froids surprenants, que je trouve bien agencé.
Mais la perfection n’existe malheureusement pas : il y a deux petits trucs qui font tâche sur Ashes. Le premier est le refrain de « The Wretched », où les chants criés massacrent le chœur, et aussi le fait que le morceau est un peu longuet. Ensuite, (plus personnel) je trouve « The Bird » en trop. En effet, si l’album s’arrêtait sur « Endogenesis » ça pourrait aussi bien le faire, même si « The Bird » s’accorde certes assez bien avec Ashes.
Mis à part ça, j’espère ne choquer personne en qualifiant Ashes de chef-d’œuvre, même s’il est certes un peu dommage qu’il soit différent des albums précédents (on ne change pas une équipe qui gagne, comme dit l’adage). L'avantage est qu'il permet d'effacer le mauvais goût que World of Glass nous avait laissé sur la langue, et puis il nous offre la preuve que Tristania est un bon groupe : il peut jouer quelque chose de différent, tout en restant bon.
2009-04-04
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