LABYRINTH (ITA)
RETURN TO HEAVEN DENIED (Album)
1998, Metal Blade Records


1. Moonlight
2. New Horizons
3. The Night of Dreams
4. Lady Lost in Time
5. State of Grace
6. Heaven Denied
7. Thunder
8. Feel (Legend B. Remix)
9. Time After Time
10. Falling Rain
11. Die for Freedom


dark_omens : 18/20
La fin des années 1990 et le début des années 2000 virent déferler sur nos contrées musicales, des hordes de guerriers plus vaillants les uns que les autres, plus caricaturaux les autres que les uns. De nombreux groupes se parèrent alors de leurs armures, enfourchèrent leurs plus fiers destriers afin de bouter le mécréant et accessoirement le dragon hors de nos villages. D'autres partirent à dos de chevaux, à la recherche d'hypothétiques Saint-Graal en des terres hostiles et arides, peuplés de créatures viles et démoniaques. Mais tous lorsque après des combats acharnés, épiques, dantesques, revinrent enfin, tout couvert de gloire et d'honneur de ces victoires remportés ; ils ne dédaignèrent pas narrer leurs aventures aux foules béates à coups de Power Speed Hollywood Epique Metal. Les plus grandes légendes de ces temps anciens vinrent de par-delà ces montagnes transalpines.

Lorsque débarque Labyrinth avec son deuxième album au milieu de cet intérêt démesuré que suscite le moindre groupe ayant, peu ou prou, un rapport avec Rhapsody, ou avec ces terres ultramontaines, ou avec les deux d'ailleurs, d'aucuns se souviendront que Fabio Lionne a officié dans ses rangs et que la patrie d'origine de ce groupe est aussi l'Italie. De plus Olaf Thörsen et Frank Andiver (venu ici prêter mains fortes derrière les fûts.) ne sont rien moins que les talentueux artisans de Shadows Of Steele, un des autres prétendants, et sans doute pas le moins armé, qui voudrait bien prendre la couronne à la bande à Turilli. Fort de ces constatations l'esprit mal intentionné se dit alors qu'il tient là une excellente copie conforme du grand frère chasseur de chimères ailées. Oui mais voilà, ceux qui ont écouté No Limit, premier véritable disque de Labyrinth, savent bien que le groupe évolue dans un Heavy Speed Progressif bien plus dépouillé et bien moins complexe que ses congénères. Et en d'autres termes, les connaisseurs avisés n'ignorent pas que Labyrinth n'est pas Rhapsody. Ils savent même que ce groupe tente de s'en éloigner le plus possible. Pour ce faire il donnera d'ailleurs à cet opus un son qui se démarque de la monotone ressemblance qui lie un certain nombre des productions Italiennes. Pour marquer cette différence, son chanteur, Rob Tyrant, s'exprimera aussi sans jamais plagier cette manière si typiquement transalpine d'appréhender les aigus (manière qui peut, soit dit en passant, avoir le don d'être, parfois, exaspérante).

D'emblée ce disque a donc beaucoup de qualités. Les morceaux qui le composent, touché par une grâce soudaine, en témoignent. Moonlight, New Horizons, le sublimissime Lady Lost In Time, Thunder, Time After Time, Die For Freedom sont des titres alliant un côté indéniablement Heavy Speed et une recherche créative mélodique évidente. Une alliance réussie à un tel niveau qu'il est difficile d'imaginer qu'autant de gens aient ignoré ce Return to Heaven Denied. Cette œuvre, avec sa musicalité et ses refrains incroyables, et fort de toutes les autres vertus déjà énoncées, aurait amplement mérité de propulser la formation vers les sommets.

Tout en étant moins vive, la suite de ce manifeste n'en reste pas moins intéressante. Seul Feel (Legend B Remix), au parfum techno, dernier relent des essais entrepris sur l'album précédent et Falling Rain, balade pas vraiment indispensable, pourront paraître quelques peu incohérents au milieu de cette excellence.

Au final, Return to Heaven Denied est un album de toute beauté, sans doute, victime du torrent démentiel de disque bien trop linéaire, et bien trop anecdotiques, sous lesquels nous fûmes noyés à ce moment-là. Peu sont arrivés à l'extraire de la fange ennuyeuse des sorties au milieu de laquelle il s'était embourbé. C'est bien dommage.

2013-06-26 01:08:14