Fabien : 15/20 | A la fin de l’été 1991, un an exactement après la parution d’Eaten Back to Life, qui a déjà fait couler beaucoup d’encre à cause de ses paroles et de sa pochette outrancières, le redoutable Cannibal Corpse revient avec son second méfait, finement intitulé Butchered at Birth. L’écurie Metal Blade ayant bien compris les effets bénéfiques de la censure, décide judicieusement de sortir le disque avec la pochette à l’intérieur, incitant tous les deathster curieux à acheter l’album, découvrant alors avec horreur l’illustration de Vince Locke, dévoilant deux zombies éventrant un femme enceinte !
A l’image de son nouveau concept effrayant, le gang floridien choisit donc une nouvelle fois de chemin de la provocation. Les paroles de Chris Barnes ne sont pas certes incluses dans ce livret (sur l’édition originale), mais ses titres dérangés du genre Meat Hook Sodomy ou Rancid Amputation sont particulièrement évocateurs.
Ainsi, fidèle à sa marque de fabrique, Cannibal Corpse conserve son créneau résolument gore, mais bonifie considérablement son death metal. Tout d’abord, ses titres gagnent en cohésion, grâce au couple basse batterie de Webster / Marzurkiewicz d’une précision désormais étonnante, servant solidement les guitares lacérantes et hachées du duo Owen / Rusay. Enfin, en ajoutant les vocaux vomitifs de Chris Barnes et la production épaisse de Scott Burns aux incontournables Morrisound Studios, Butchered at Birth développe un climat terriblement brutal, inquiétant et étouffant. Un vrai film gore traduit en version CD, en fait.
Sur le marché death metal de l’année 1991, Cannibal Corpse, fort d’un style désormais très personnel et d’un son beaucoup plus épais, revient ainsi avec un album déterminant dans sa carrière. Tournant intensivement, notamment en Europe avec Loudblast, la formation floridienne se constitue alors rapidement une horde de fans acharnés, mais aussi d’inévitables détracteurs, épouvantés ou hermétiques face à son style 100% brutal.
Fabien. 2007-03-31
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