belial1979 | Korn ; Korn
Album publié le 7 juillet 1994, produit par Ross Robinson.
1994. Une bombe de fraicheur musicale remplie de paroles dégoulinantes de sincérité malsaine vient de s’abattre dans les bacs : Korn. La pochette et le livret annoncent déjà la couleur, les thèmes abordés seront l’enfance, le sexe, les femmes, les interdits, l’impur, le sordide et cette incéssante dualité entre l’enfance et l’état adulte L’album débute par l’introduction menaçante d’un « Blind » (à l’époque anodin, qui deviendra plus tard un véritable hymne) débutant par les cymbales de David vite suivies par la basse de Fieldy, puis Munky et Head. Alors seulement la minute écoulée, Johnathan Davis rentre dans le vif du sujet avec un « are you ready » qui en dit long : la machine Korn est lancée. L’album regorge des souffrances que Johnathan a vécues. La première évoquée est son accoutumance aux drogues dures. Dans « Blind », il explique comment il use des drogues afin de fuir le monde dans lequel il vit, puis aborde les effets physiques de celles-ci dans « Helmet in the bush ». Il apparait clairement que Johnathan n’a pas beaucoup connu le bonheur en amour, toutes les femmes représentées dans le livret étant des mannequins posant en petite tenue pour la une de magasines pour adultes, les yeux cachés par les mots « liar », « whore » et « bitch » (menteuse, pute, salope). Ses expériences amoureuses vaines sont évoquées à travers les titres « Need to », « Divine », ou encore « Predictable », dans lesquels il explique comment il a été trahi quand il s’est engagé avec quelqu’un et comment il n’arrive plus à faire confiance aux femmes par la suite, craignant trop qu’elles ne lui brisent le cœur. D’autre part, ce sont les gens en général et pas seulement les femmes qu’il montre du doigt dans « Clown », « Fake » et « Lies », ne supportant pas les personnes « doubles » qui se font passer pour des individus qu’ils ne sont pas. L’enfance douloureuse est bien-sur l’une des composantes majeures de Korn, avec la fillette menacée sur la pochette et les poupées sans orbites du livret, autant d’éléments malsain qui rendent l’album encore plus introspectif. Dans « Faget », il évoque comment il a été « traité » d’homosexuel toute sa vie. Alors que les paroles de « Shoots And Ladders » sont uniquement composées de comptine pour enfants cachant naïvement d’horribles faits comme la peste ; « Daddy » évoque le sujet tabou de la pédophilie, Johnathan ayant été victime d’attouchements sexuels par l’un de ses proches. Tombant en sanglots à la fin de l’enregistrement du titre, l’album s’achève sur les sanglots d’un Johnathan apeuré, enfermé à tout jamais dans ces angoisses de petit garçon. Angoisses et traumatismes qui le poursuivront toujours, mais dans lesquels beaucoup d’auditeurs se reconnaîtront.
2009-02-07
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