NIGHTWISH
OCEANBORN (CD)
1998 chez Spinefarm Records / Drakkar Records


1. Stargazers
2. Gethsemane
3. Devil and the Deep Dark Ocean
4. Sacrament of Wilderness
5. Passion and the Opera
6. Swanheart
7. Moondance
8. The Riddler
9. The Pharaoh Sails to Orion
10. Walking in the Air

Bonustracks
11. Sleeping Sun
12. Nightguest
13. A Return to the Sea

Bonustracks
11. Sleeping Sun
12. Nightquest
13. Sleeping Sun (Live)
14. Swanheart (Live)
15. The Pharaoh Sails to Orion (Live)


Metzly : 18/20
Après Angels Fall First qui était on ne peut plus expérimental pour le groupe, Tuomas veut affirmer l'identité de Nightwish. Il va donc sortir la grosse artillerie, à savoir son incontestable talent de compositeur et de mélomane, et s'investira dans cet album comme il ne le fera jamais pour aucun autre.
Mettant les bouchées triples pour atteindre un résultat grandiose, c'est non sans pleurs que Tarja a dut se hisser au niveau de l'ambition et aux exigences de Tuomas.

Niveau compositions, plus rien à voir avec le petit groupe local mêlant timidement chant féminin et sonorités métal. C'est un tout nouveau groupe qui semble déjà avoir atteint une maturité artistique.
Nous sommes, déjà à l'époque, bien loin du cOncept d'origine de Nightwish : à savoir un projet acoustique, atmosphérique porté par un chant puissant et mélancolique.
En un seul album (Angels Fall First étant plus considéré comme une démo selon eux) le groupe devient une machine à succès et entame leur première tournée.

Tuomas fait parti de ces musiciens/compositeurs venus du Nord à l'inspiration et à la dextérité hors pair. Son sens de la mélodie mêlé à sa vision poétique de mondes fantastiques clairement inspirée de la littérature d'heroic fantasy et de Disney, nous plongent dans un monde peuplé de personnages irréels tour à tour mythologiques, fantastiques directement tombés d'un conte de fées.
La beauté de la nature et de terres vierges y est souvent abordée et c'est bien sur sur Sacrament of Wilderness où cette vision contemplative y est le plus développée, un véritable hymne aux vierges contrées lointaines...
Un petit tour interstellaire par la ceinture d'Orion sur le tout bonnement titanesque Pharaoh Sails To Orion. La voix gutturale de leur ami Wilska (ex Finntroll) crée un contraste radical avec le lyrisme de Tarja. Tout y est, envolées impressionnantes de piano, guitare grave et riffs catchy, batterie plus soutenue qu'à l'accoutumée, refrain entraînant, vocalises enivrantes et mélodies plus époustouflantes que jamais. A elle seule cette chanson peut résumer tout l'univers musical et poétique de Tuomas. C'est sans conteste la pièce maîtresse de l'album.

Pour l'anecdote l'instrumentale "Moondance" ne dEvait absolument pas figurer sur l'album à l'origine, et ce, dut au refus catégorique d'Emppu de diffuser ce morceau. Finalement Tuomas aura le dernier mot et ce petit morceau folklorique dansant grâce auquel on peut aisément imaginer des trolls sautillant autour d'un feu de camp au clair de lune, fait intégralement parti de l'album.

Chaque morceau a son charme et chacun nous enivre à sa façon à l'exemple de Swanheart, magnifique balade remplie d'émotions et de mélancolie dont seul Tuomas a le secret, mélodie aérienne portée par un chant dramatique, un véritable moment de recueil.
On sent dans chacune des notes jouées, chaque mot écrit le désir inavouable de Tuomas que le public prenne son groupe au sérieux et que Nightwish a un univers bien défini hors des sentiers battus. Chaque chanson se veut être la démonstration de leur potentiel, à l'image de Passion and the Opera où le moment le plus fort laisse la part belle à la technique classique de Tarja. Avec un enchaînement de vocalises habituellement utilisées en échauffement, l'exercice mis en musique et suivant la mélodie se transforme en une démonstration vocale impressionnante.

Le groupe avouera plus tard avoir vécu un véritable enfer lors de l'enregistrement et c'est en se rendant compte de l'infinie richesse et complexité de l'album que l'on réalise à quel point le travail a dut être laborieux et fastidieux.

L'image et le style Nightwish sont crées, à l'époque pas de moyens colossaux pour faire venir des orchestres philharmoniques prestigieux et c'est aussi d'ailleurs ce qui fait le charme de cet album. Pas de méga production (quoiqu'une énorme amélioration niveau son depuis Angles Fall First!) on est encore au temps de l'innocence du groupe et les inconditionnels de ce temps resteront de marbre face à l'énorme machine commerciale qu'est devenue cette petite formation de province.

2007-07-21