CELTIC FROST
MONOTHEIST (CD)
2006 chez Century Media


1. Progeny
2. Ground
3. A Dying God Coming Into Human Flesh
4. Drown In Ashes
5. Os Abysmi Vel Daath
6. Temple Of Depression
7. Obscured
8. Domain Of Decay
9. Ain Elohim
10. Totengott
11. Synagoga Satanae
12. Winter (Requiem, Chapter Three: Finale)


sargeist : 16/20
J'étais plutôt hésitant à acheter ce nouvel album. En effet, après presque 15 ans d'absence de nouveautés discographiques, que nous préparait ce combo mythique? Etant ultra fan de la période Black/ Thrash de Celtic Frost et du mythique "To Megatherion", je savais aussi de quel genre de bouse commerciale le groupe était capable (l'immonde et glam "Cold Lake"...). Alors, retour aux sources, retour à l'avant gardisme lyrique de "Into The Pandemonium" ou retour à la méthode "je me trahis en prenant le train de la mode"?

Et bien aucun des trois. Sans exagérer, Celtic Frost se réinvente avec ce nouvel album, tout en réinventant le Metal. On a affaire ici à une musique tout à fait unique, qui transpire l'originalité. Une sorte de Doom avec un côté industriel prononcé, très froid, atmosphérique. Je ne m'étendrais pas sur la dénomination, parce que chacun y verra midi à sa porte. Doom par l'aspect assez lent de l'album, de ces guitares lourdes et incisives, avec une saturation très présente, renforcant le côté étouffant de l'ensemble. Industriel par la répétition des riffs, de certains passages assez entêtants, et de phrases déclamés par la voix grave et claire de Tom G Warrior. Sans oublier le petit effet mécanique sur ces mêmes vocaux, très original. Les passages atmosphériques sont assez intrigants, honnêtement c'est assez difficile de décrire cela. La voix féminine a un grain assez particulier, et quand elle accompagne la voix masculine sur le refrain de "Obscured", ca donne quelque chose de tout à fait nouveau. Les morceaux assez longs sont très bien travaillés, avec parfois plusieurs changements en leur sein. Chacun de ceux ci dégage quelque chose de particulier, et pourtant l'homogénéité de l'ensemble n'est pas affecté. Du grand art.

Mention spéciale au morceau "Synagoga Satanae", qui offre près d'un quart d'heure de folie créatrice hallucinante, et au très féroce et marquant "My Domain Of Decay". Difficile d'extraire quelque chose de cette heure de magistrale lecon de talent.

Celtic Frost revient très fort, a coup sûr un des plus beaux albums de 2006. Voir un groupe aussi culte se réinventer d'une telle facon est un plaisir. En attendant la suite...

2007-02-05