cacaman : 14/20 | Voilà comment tout est arrivé. Un gamin de 16 ans, Chuck Schuldiner, forme Mantas (en effet, ça sent le fan de Venom) fin 1983 en Floride. Je ne m'étendrai pas sur les changements de line-up et sur les regards moqueurs jetés sur ce groupe si extrême (qui empêchèrent les jeunes fous de parcourir les salles du coin). Toujours est-il que si Possessed, un combo de San Fransisco, a dressé les plans du death metal, c'est bien Mantas, vite rebaptisé Death, qui posa la première pierre avec une série de démos d'une violence inouïe ("Death By Metal", "Reign of Terror", "Infernal Death" et autres "Mutilation"). Le principe? Très simple. On prend les bases du thrash, à savoir rythmes rapides, chant agressif et guitares tranchantes, puis il suffit d'accélérer encore le tempo, de transformer la voix en hurlements gutturaux vomissant des textes morbides et d'alourdir le son des instruments. Et cela donne une apocalypse sonore : le death metal est né!
Après un succès underground incontestable, le parachutage de ce "Scream Bloody Gore" déclencha l'hystérie dans les jouvencelles oreilles des amateurs de la NWOBHM. Objectivement, en reniant l'impact incroyable de ce missile dans le monde du metal, "Scream Bloody Gore" est musicalement et textuellement assez limité, même drôle en un sens. Effectivement, que dire devant des refrains aussi poétiques (Mutilation : you must die in pain you must die in pain you must die in paiiiiiin, Mutilation Mutilation Mutilation Mutilation Mutilation mutilatioooon ; Torn To Pieces : tooooorn to pieces tooooorn to pieces tooooorn to pieces tooooorn to pieces ; Evil Dead : eviiiiiiil dead eviiiiiiil dead eviiiiiiil dead eviiiiiil dead ; et j'en passe) et devant une telle ressemblance entre les compos, qui adoptent en vrac structures équivalentes, riffs ultra rapides peu discernables, vocaux dégobillatoires, et soli cacophoniques. Cependant, on sent qu'une marge d'évolution exceptionnelle est camouflée sous quelques riffs costauds à jouer et quelques catching melodies (intro de Evil Dead sur laquelle on remarque une mise en place approximative – que c'est touchant! La fougueuse jeunesse est pressée d'accélérer! - , les étonnants break et solo de Scream Bloody Gore et l'aboutie Zombie Ritual, devenue classique parmi les classiques).
Amis mélomanes, un bon conseil : fuyez cet exutoire qui a tout de même le mérite d'exister lorsqu'on veut passer ses nerfs sur autre chose que le chien. Mais "Scream Bloody Gore" est avant tout le début au ras des pâquerettes, à tombeau ouvert, d'une formidable aventure musicale qui se terminera dans de hautes sphères. A découvrir et à suivre, donc.
2005-08-17
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