Fabien : 16/20 | Désemparé par le travail pharaonique de Trey Azagthoth, Richard Brunelle jette l’éponge peu après la sortie de Blessed Are the Sick, laissant MORBID ANGEL sous forme de trio, et son infatigable leader désormais seuls aux guitares. Le groupe floridien s’associe par ailleurs avec le manager Gunter Ford, qui parvient à décrocher une signature nord américaine avec la major Giant Records (une première dans l’histoire du death métal), tout en précisant clairement l’intransigeance de son protégé, bien décidé à conserver son entière liberté de création.
Début 1993, MORBID ANGEL entre alors au Morrisound Studios, associant cette fois l’ingénieur du son Tom Morris avec Flemming Rasmussen, connu pour l’enregistrement d’And Justice For All de Metallica. Les quelques craintes quant au choix atypique du technicien sont toutefois largement dissipées dès la sortie de Covenant au mois juin, le groupe ayant parfaitement préservé l’essence même de son style.
Dès les titres d’ouverture Rapture et Pain Divine, Covenant impose en effet les blast beats, les contretemps et le double pédalage meurtrier de Pete Sandoval, soutenant les rafales de riffs incisifs de Trey et le guttural profond de David Vincent. Il faut ainsi attendre les joyaux tels que World Of Shit ou The Lion’s Den (le seul titre composé par David) pour que MORBID ANGEL ralentisse le tempo, conservant toutefois ce côté massif et destructeur dans ses compositions.
A l’exception de l’interlude ambiant Nar Mattaru, Covenant délaisse parallèlement les instrumentaux présents sur Blessed Are the Sick, délivrant un death volontairement radical. En outre, l’ombre d’Abominations Of Desolation s’éloigne désormais, MORBID ANGEL ne reprenant cette fois qu’un titre de l’enregistrement culte, l’excellent Angel of Disease, au ton plus léger et aux rythmes plus entrainants, sur lequel David retrouve d’ailleurs son timbre rocailleux de la période Altars Of Madness.
Depuis les riffs tranchants de Blood Of My Hands jusqu’aux rythmes écrasants de God Of Emptiness, Covenant se veut résolument plus compact et heavy que ses prédécesseurs, sublimé une fois encore par la technique désarmante de Pete & Trey, et l’incroyable charisme de David. En quarante minutes, MORBID ANGEL donne ainsi une nouvelle une leçon de pureté death métallique, qui le maintient invariablement au dessus du lot, aux côtés de son homonyme Death, impressionnant également en cette année 1993, avec la finesse & la complexité de son dernier Individual Thought Patterns.
Fabien. 2008-04-27
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