Eternalis : 18/20 | Que dire à part que "L’ombre Et La Lumière" marque l’aboutissement de plus de quinze ans de travail? Je ne suis pas particulièrement adepte du patriotisme excessif mais si il y a un groupe français par excellence dans le heavy metal que je défendrais, ce serait bien Manigance, et ce merveilleux quatrième album ne me fera pas mentir.
Une merveille, un modèle du genre, la perfection dans le style…bref, un indispensable. Presque rien n’est à redire sur cette galette emplit de surprise et de professionnalisme.
Commençons par la production, qui n’a pas toujours été exempt de reproches, mais là, je n’en reviens pas, ils détrônent carrément Sonata Artica et consorts. Un son ultra puissant, très incisif (hou ces guitares qui vous tranchent les sens !) mais surtout incroyablement précis et fin (un bon produit français en somme !). Le son de batterie, si perfectible sur "D’un Autre Sang", colle parfaitement au reste et sa rapidité renforce on ne peut plus l’incision des nouveaux morceaux, rapides et ultra techniques dans l’ensemble (niveau guitares j’entends).
Après une intro de rigueur déboule "Envahisseur" et le chant toujours si magnifique de Didier Delsaux (ainsi qu’un texte splendide sur les pillages vikings). Sincèrement, nous disposons en nos terres de vocalistes vraiment exceptionnels et Didier en est, avec Jo Amore (Nightmare), probablement le chef de file. Comment ne pas succomber aux envolées lyriques finales de "L’ombre Et La Lumière" (jamais rien entendu de tel chanté en français !). Ou de sa performance bouleversante sur "La Force Des Souvenirs", bien loin des ballades stéréotypées pondues par la masse incongrue de groupe de heavy sans originalité, ou encore du sarcasme de "Le Miroir De La Vie" (le morceau le plus mélodique et entêtant de l'album, une perle!), se foutant ouvertement de la gueule de toutes la superficialité du monde actuel (sous la forme d’une métaphore sur le maquillage féminin !).
Et puis musicalement, inspiré, surprenant et innovant sont les maitres-mots de ce galette. Le long titre track par exemple, regorge de solo en tout genre, passant d’un plan tous aussi tordu les uns que les autres à une vitesse vertigineuse, comme seul Symphony X sait le faire, c'est-à-dire sans aucune démonstration ni stérilité technique.
Le riff d’intro de "Prison Dorée", que l’on aurait pu entendre sortir d’un opus de Dream Theater au sommet de leur forme (c'est-à-dire avant !), est à lui-seul une petite merveille et se multiplie ensuite en une multitude de trouvailles harmoniques splendides, pour le meilleur titre de l’album à mon goût.
Mais le génial "Sang Millénaire" (sur les inégalités sociales, un des meilleurs textes de Delsaux), où les claviers de Florent Taillandier se font plus présent pour apporter une touche mélancolique ou synthétique sur l’effréné "Sentinelle", monstre de technicité en puissance pour un refrain qui ne sera pas prêt de vous lâcher.
Le très puissant et lourd "Esclave" et l’instrumental "Labyrinthe" finira d’achever un auditeur déjà acquis à la cause d’un des plus grands groupes heavy européen actuel (oui, j’ose) au côté de Edguy, Kamelot ou Gamma Ray (chacun dans un style précis qui plus est).
Le livret très richement illustré et le sympathique digipack devrait, j’espère, finir de vous inciter de vous ruer chez votre marchand de disque le plus proche.
Indispensable je vous dis…
2009-01-19
|
|