SUFFOCATION
BREEDING THE SPAWN (CD)
1993 chez Roadrunner Records


1. Beginning of Sorrow
2. Breeding the Spawn
3. Epitaph of the Credulous
4. Marital Decimation
5. Prelude to Repulsion
6. Anomalistic Offerings
7. Ornaments of Decrepancy
8. Ignorant Deprivation


Fabien : 15/20
Retour en 1993, une année attendue par nombre de deathsters, puisqu’elle coïncide avec le second méfait de Suffocation. En effet, en seulement un an et demi, leur premier album Effigy of the Forgotten est déjà devenu culte, instaurant les bases du brutal death alambiqué ; mais aussi, le titre Prelude To Repulsion, spécialement enregistré sur la compilation At Death Door Vol II de Roadrunner (1992), laisse présager le meilleur pour les brutes new-yorkaises. Ainsi, en juin 93, lors de la sortie de Breeding the Spawn, devant la terrible pochette de DanSeagrave (illustrateur très en vogue à cette époque), les rythmes cardiaques s’accélèrent, ne se calmant qu’après l’achat incontournable du CD.

Breeding the Spawn montre peu de changement au niveau du line-up, Josh Barohn rejoint Autopsy en Californie, et c’est Chris Richards qui le remplace à la basse ; la recrue est de choix, puisque son travail est particulièrement excellent, en support du jeu de batterie très technique de Mick Smith. De leur côté, les inséparables guitaristes Hobbs & Cerrito se partagent équitablement la composition des morceaux, joués, comme à l’accoutumée, avec une dextérité et une précision renversantes. Enfin, la voix de Frank Mullen, d’un guttural toujours aussi profond, liquéfie une fois encore n’importe quel organe.

Vous l’avez compris, Suffocation est de retour, avec une musique toujours aussi impressionnante, à l’image de Marital Decimation ou Ignorant Deprivation, terriblement bien ficelés, et permettant des écoutes quasi infinies, grâce à leur construction à multiples tiroirs, mais aussi aux jeux sans faille de la paire de guitaristes, différents et mais incroyablement complémentaires.

Seulement, il y a un hic dans le choix de l’ingénieur du son ; Scott Burns est remplacé par Paul Bagin, qui avait notamment livré une très bonne production sur la démo Human Waste. Mais ici, la sauce ne prend que difficilement, surtout au niveau du mixage, ou l’ensemble sonne de manière très brouillonne, alors que le style brutal et technique de Suffocation exige au contraire une précision et une clarté exemplaires. L’écoute de Breeding the Spawn devient dans ces conditions assez difficile, contrairement à Effigy qui, même si le son était contestable au niveau de la batterie, se révélait au final beaucoup plus percutant.

Malgré un mixage assez confus, Breeding the Spawn montre toutefois un Suffocation encore très inspiré, siégeant toujours, en cette année 1993, sur les plus hautes marches de la scène du brutal death, aux côtés de Morbid Angel & d’Immolation.

Fabien.

2007-06-13